La gauche s'insurge contre une tribune de militaires dans "Valeurs actuelles" et la réaction de Marine Le Pen

Signée par plusieurs généraux à la retraite, cette tribune publiée mercredi appelle la classe politique à lutter contre "le délitement" de la France. "Je souscris à vos analyses et partage votre affliction", leur a répondu la présidente du Rassemblement national.

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La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, à Quesnoy (Nord), le 9 avril 2021.  (SYLVAIN LEFEVRE / HANS LUCAS / AFP)

"Il n'est plus temps de tergiverser, sinon, demain, la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers". La tribune de militaires, publiée par Valeurs actuelles mercredi 21 avril, suivie d'une lettre de Marine Le Pen les invitant à la rejoindre pour la présidentielle, fait vivement réagir une partie de la gauche. 

Lancée par Jean-Pierre Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes, cette lettre ouverte appelle Emmanuel Macron à défendre le patriotisme. Elle est signée par "une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d'un millier d'autres militaires", selon l'hebdomadaire. Ces militaires dénoncent le "délitement qui frappe [la] patrie" et "qui, à travers un certain antiracisme, s'affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés", pointant les dangers que représentent selon eux "l'islamisme et les hordes de banlieue".

Ces anciens généraux menacent même de prévoir "l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles", si rien n'est entrepris pour aller dans leur sens. Deux jours plus tard, Valeurs Actuelles publie une réponse de Marine Le Pen : "Je vous invite à vous joindre à notre action pour prendre part à la bataille qui s'ouvre (...) qui est avant tout la bataille de la France", écrit la présidente du Rassemblement national, ajoutant : "Je souscris à vos analyses et partage votre affliction". 

La gauche estomaquée 

De quoi provoquer l'ire de plusieurs figures de la gauche, qui ont dénoncé le manque de réaction du gouvernement. Jean-Luc Mélenchon a fustigé la "stupéfiante déclaration de militaires s'arrogeant le droit d'appeler leur collègue d'active à une intervention contre les islamogauchistes". Benoît Hamon a critiqué le manque de réaction gouvernementale face à la menace d'un "coup d'Etat militaire". Pierre Laurent, vice-président du Sénat et ancien secrétaire national du Parti communiste, "demande solennellement que le journal Valeurs actuelles et les 20 généraux signataires d'un appel à une intervention militaire soient poursuivis et condamnés par la justice."

La ministre des Armées Florence Parly a également réagi dimanche dans une série de tweets, critiquant cette tribune"uniquement signée par des militaires à la retraite, qui n'ont plus aucune fonction dans nos armées et ne représentent qu'eux-mêmes". 

La semaine précédente, Valeurs actuelles avait publié une tribune de Philippe de Villiers titrée "J'appelle à l'insurrection". Son frère, Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major des armées, est cité par certains comme possible candidat à la présidentielle de 2022.

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