Retrait de Benjamin Griveaux : Piotr Pavlenski "est parfaitement conscient et convaincu de la justesse de ce qu'il a fait", déclare son avocat Juan Branco

Piotr Pavlenski a revendiqué la publication des vidéos à caractère sexuel qui ont entraîné le retrait de la candidature de Benjamin Griveaux à la mairie de Paris.

Juan Branco, avocat de Pyotr Pavlensky, dans son bureau à Paris, le 14 février 2020. 
Juan Branco, avocat de Pyotr Pavlensky, dans son bureau à Paris, le 14 février 2020.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Piotr Pavlenski "est parfaitement conscient et convaincu de la justesse de ce qu'il a fait", a déclaré vendredi 14 février à franceinfo Juan Branco, son avocat. L'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski, âgé de 35 ans, a revendiqué la publication des vidéos à caractère sexuel et de captures écran de conversations personnelles attribuées à Benjamin Griveaux et qui n'ont pas été authentifiées. Elles ont provoqué le renoncement du candidat La République en marche à se présenter à la mairie de Paris.

Juan Branco dément par ailleurs que Piotr Pavlenski soit visé par un mandat de recherches pour violences volontaires lors de la nuit du Nouvel an, comme l'affirme le site Mediapart. Juan Branco, qui n'est pas l'avocat de Piotr Pavlenski dans cette affaire, puisqu'il était témoin de la rixe, reconnaît toutefois qu'il y a bien une enquête préliminaire ouverte : "J'ai une source directement au parquet, donc c'est vraiment affirmatif".

Franceinfo : Étiez-vous au courant que la vidéo allait être diffusée ?

Juan Branco : Il m'avait consulté pour savoir ce qu'il encourait, s'il devait le faire ou pas, les conséquences que cela pouvait avoir et ainsi de suite. C'est mon rôle en tant que conseil d'être conservateur, c’est-à-dire de lui dire "attention, il y a tel et tel risque, ayez bien conscience de ce que vous faites". Après, Piotr Pavlenski est tout de même l'un des plus grands artistes russes contemporains et un activiste politique important, je n'ai pas de leçon à donner sur la conduite qu'il devrait suivre. Mais, je lui ai dit qu'il y avait des conditions pour que je prenne ce dossier et que je le défende éventuellement. Notamment, celle que l'information soit véridique, qu'il y ait des éléments qui soient suffisamment incriminants vis-à-vis de Benjamin Griveaux, même s'ils ne les révélaient pas et qu'il ait un propos raisonné qui ne soit pas l'objet de manipulations de qui que ce soit. Dès que j'ai eu les éléments en tête, je lui ai dit que j'étais en position de le défendre s'il souhaitait avoir un avocat.

Selon vous, il y a une atteinte à la vie privée ?

On verra si Benjamin Griveaux considère que c'est le cas. J'ai noté que son conseil était très emporté ce vendredi matin et qu'il l'est un peu moins l'après-midi. Donc, on attend de voir quelle est la réaction de Benjamin Griveaux à ce niveau-là. On s'est vus aujourd'hui avec Piotr Pavlenski. Il a fait la déclaration à l'AFP depuis mon cabinet. Il est parfaitement conscient et convaincu de la justesse de ce qu'il a fait, et qui lui a été confirmé selon lui par la démission de Benjamin Griveaux. Il a annoncé qu'il avait d'autres projets.

Est-ce que Piotr Pavlenski, comme l'écrit Mediapart, est recherché pour violences volontaires lors de la nuit du Nouvel An ?

Non. J'ai eu le parquet qui m'a confirmé qu'il y a une enquête préliminaire sur une rixe qui est intervenue lors du Nouvel An, mais qu'il n'y avait aucun mandat de recherche. J'ai une source directement au parquet donc c'est vraiment affirmatif. Je voudrais préciser que sur cette affaire ce n'est pas moi qui le défend puisque j'ai été témoin direct de la situation.