Municipales à Paris : "tristes, mais pas abattus", les soutiens de Griveaux se cherchent une nouvelle tête de liste

Une réunion de crise organisée vendredi matin a réuni l'ancien candidat de la majorité présidentielle et son équipe de campagne.

Benjamin Griveaux (au centre) entouré par ses têtes de liste pour les différents arrondissements de Paris, jeudi 13 février 2020.
Benjamin Griveaux (au centre) entouré par ses têtes de liste pour les différents arrondissements de Paris, jeudi 13 février 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

"On est tous choqués, stupéfaits", lâche Karim Amellal, candidat LREM dans le 10e arrondissement de Paris. Les "marcheurs" de la capitale sont abasourdis après le retrait de la candidature de Benjamin Griveaux, leur tête de liste, vendredi 14 février. Cette décision coup-de-tonnerre intervient après la diffusion sur internet de vidéos et de messages privés à caractère sexuel, attribués à l'ancien porte-parole du gouvernement.

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Les soutiens de Benjamin Griveaux ont découvert les documents en fin de journée, la veille. "J'ai commencé à voir des choses sortir sur les réseaux sociaux jeudi, en fin d'après-midi", commente Karim Amellal auprès de franceinfo. "C'est une militante qui m'a appelée en pleine soirée", raconte Sophie Segond, qui brigue la mairie du 8e arrondissement.

Un renoncement "courageux" et "libre"

L'émotion était vive, vendredi matin, au QG de campagne, où étaient réunis Benjamin Griveaux et l'ensemble des têtes de liste. "C'est un choc, une grande tristesse", concède une référente du parti auprès de franceinfo. "On se dit qu'on est tombés bien bas, qu'il est vraiment triste de sortir ce genre de dossiers", regrette Catherine Ibled, candidate dans le 15e arrondissement. Tous ont appris le choix du candidat vendredi matin. Ils jugent ce retrait "courageux" et "libre"

Face à nous, il était très très affecté, très ému. Toute l'équipe lui a délivré des messages d'affection et de soutien.Une responsable parisienne de LREMà franceinfo

"Ce qui se passe est d'une violence inouïe pour lui. On n'est pas préparé pour cette violence", reconnaît Sophie Segond. Au-delà de l'émotion, les partisans de l'ancien porte-parole veulent agir. "On va répondre. Je ne sais pas encore sous quelle forme, mais on ne peut pas laisser cette violence guider la démocratie", s'emporte la candidate dans le 8e arrondissement. 

"Nous portons un beau projet"

Au sortir de la réunion de crise, les soutiens de Benjamin Griveaux affichent un état d'esprit combatif. "Il y avait beaucoup de tristesse, mais pas d'abattement. Un peu comme si cet épisode ressoudait énormément tout le monde", souffle une participante. "Ce qui est certain, c'est que nous allons continuer, car nous portons un beau projet", insiste Catherine Ibled. "Je sais que cela peut paraître optimiste après ce qu'il vient de se passer, mais je suis plus que jamais résolue à gagner, car nous avons le meilleur programme", se convainc la tête de liste LREM du 8e arrondissement. Avant de plastronner :

Si certains s'imaginent qu'ils vont danser sur nos tombes, ils se trompent !Sophie Segond, tête de liste LREM du 8e arrondissement de Parisà franceinfo

Benjamin Griveaux hors course, derrière qui se rangeront les candidats soutenus par la majorité présidentielle ? "Je ne suis pas au cœur de la décision, mais je comprends que LREM veut garder sa liste, avec un nouveau ou une nouvelle leader", explique un responsable du parti. Celui-ci verrait d'un bon œil "une alliance avec David Belliard [le candidat EELV] et Cédric Villani", qui permettrait d'"engager une dynamique totalement différente" pour la campagne électorale. On sait déjà qu'il ne s'agira pas de Marlène Schiappa. La secrétaire d'Etat a déjà annoncé à franceinfo qu'elle resterait candidate dans le 14e arrondissement.

Une nouvelle tête de liste sous "48 heures"

"J'ai fait partie de ceux qui ont tout fait sur le terrain pour que le dialogue ait lieu, mais je ne crois plus à un rapprochement avec Cédric Villani", balaie une participante à la réunion du matin, qui plaide plutôt pour une promotion interne au sein de l'équipe existante. "Je ne milite pas pour un ou une candidate en particulier. Tout ce que je souhaite, c'est continuer à porter le projet que nous avons présenté aux Parisiens jeudi", assure pour sa part Catherine Ibled.

La question brûlante de la succession de Benjamin Griveaux sera abordée vendredi après-midi, lors d'une réunion menée par Stanislas Guerini, délégué général de La République en marche. La nouvelle tête de liste devrait être connue "sous 24 à 48 heures", espère Sophie Segond. "Pour le reste, on ne change rien : nous continuerons à compléter les différentes listes entre demain et dimanche, et à peaufiner les programmes par arrondissements". Comme pour entretenir un semblant de normalité au milieu du marasme.