Retrait de Benjamin Griveaux : pour la réalisatrice Ovidie, "on a loupé le coche d'une campagne efficace" contre le "revenge porn"

Dans un billet écrit pour "Libération" vendredi, la réalisatrice estime que Benjamin Griveaux aurait dû prendre "publiquement la défense des victimes" de "revenge porn", plutôt que de se retirer "si rapidement de la course aux municipales". 

La réalisatrice Ovidie, le 20 janvier 2018 à Paris. 
La réalisatrice Ovidie, le 20 janvier 2018 à Paris.  (BRUNO COUTIER / AFP)

La réalisatrice Ovidie prend la parole sur le renoncement de Benjamin Griveaux. Dans un billet publié par Libération vendredi 14 février, l'ancienne actrice, réalisatrice de documentaires et de films pornographiques, estime qu'"on a loupé le coche d'une campagne efficace" sur les dangers du "revenge porn", après le retrait du candidat du fait de la diffusion sur internet de vidéos privées à caractère sexuel et de conversations personnelles lui étant attribuées. 

La pratique du "revenge porn", qui consiste à diffuser des vidéos intimes d'une personne, est "illégale", "punie de deux ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende" rappelle dans ce texte la réalisatrice. "Lors d'actions de prévention en milieu scolaire, on me rapporte très régulièrement des situations où des jeunes filles se retrouvent harcelées après la circulation non consentie de photos ou vidéos", relate Ovidie.

Quel message Benjamin Griveaux envoie-t-il indirectement à ces jeunes filles en se retirant si rapidement de la course aux municipales ? Qu'il revient aux victimes de s'effacer de l'espace public.Ovidie dans "Libération"

La réalisatrice estime qu'"il aurait été bien plus courageux de montrer l'exemple" et imagine le discours qu'elle "aurait rêvé d'écrire" pour le candidat : "Je vous le confirme, il s'agit bien de ma bite. Je n'ai rien fait d'illégal. En revanche, je compte bien poursuivre ceux qui ont fait circuler ces photos, parce que la loi m'y encourage. Et parce que la honte doit changer de camp'". L'auteure du texte aurait souhaité que Benjamin Griveaux appelle aussi à "la solidarité avec toutes les victimes de revenge porn, qui, habituellement, sont dans une situation moins privilégiée que la [sienne]."