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Le retour de la police de proximité ? "Indispensable", selon l'ancien directeur de la police nationale

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Le retour de la police de proximité ? "Indispensable"
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Radio France

Patrice Bergougnoux estime que la décision du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, de remettre en place une police de proximité est "indispensable pour renforcer le lien de confiance entre la police et la population".

Patrice Bergougnoux, ancien directeur général de la police nationale, a salué ce jeudi 17 août sur franceinfo la décision annoncée par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, de remettre en place une police de proximité. Une police à ses yeux "indispensable pour renforcer le lien de confiance entre la police et la population".

franceinfo : Votre sentiment sur l'annonce de la mise en place d'une "nouvelle" police de proximité ?

Patrice Bergougnoux : Le retour à la police de proximité est une bonne nouvelle. Abandonnée depuis 15 ans, alors que sa mise en place n'était pas achevée, cette police est, à mes yeux, indispensable au moment où on assiste dans certains quartiers à des phénomènes de radicalisation. Mais elle est surtout indispensable pour renforcer le lien de confiance entre la police et la population parce qu'il s'est atténué, estompé et dans certains quartiers, [il a] disparu.

Est-ce que c'est indispensable d'avoir ce lien et de permettre, via les équipes, un travail de terrain ?

Oui. En matière de sécurité, la clé de la réussite dans les quartiers, c'est un renseignement de qualité. Et il n'existe que si l'on parvient à associer et à faire participer les habitants au travail qui est conduit par les policiers de terrain pour faire remonter les informations. Abandonnés par les services publics, certains de ces territoires sont aujourd'hui "défendus" par des groupes de délinquants qui tentent d'empêcher toute présence étrangère externe aux quartiers avec des caillassages de véhicules de police, des caillassages de véhicules de pompiers et, plus inadmissibles encore, les agressions violentes contre les policiers. Il faut savoir écouter, être au contact de la population locale qui elle, vit les difficultés au quotidien.

Est-ce un moyen de montrer que la police est au service de la population ?

Oui, c'est une police qui met au centre de ses préoccupations les besoins de la population davantage que les besoins de l'Etat. Il y a toujours des pour et des contre. Mais je pense que ceux qui sont conscients de l'intérêt de cette forme d'autorité ne cesse de croitre et qu'elle recevra un accueil plutôt favorable. De très nombreux pays autour de nous se sont rangés à cette organisation de la police plus proche des citoyens. Il y a débat parce qu'elle touche au contact avec la population et qu'il a de nombreuses questions qui entourent l'activité des forces de l'ordre au quotidien.

Nicolas Sarkozy avait dit que les policiers n'étaient pas là "pour jouer au rugby avec les jeunes" mais pour enquêter, interpeller. Pourquoi un tel débat ?

[Les propos de Nicolas Sarkozy] étaient complètement caricatural. C'était M. [Jean-Pierre] Havrin qui était chef de la police à Toulouse et qui était chargé de mettre en œuvre cette police de proximité dans les quartiers populaires de sa ville. Il n'a jamais évidemment organisé de matches de foot pendant le temps de service. Par contre, certains fonctionnaires de police pouvaient participer à des rencontres sportives dans ces territoires, dans ces circonscriptions, ce qui n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui.

Les policiers d'aujourd'hui sont-ils formés pour faire ce travail de terrain ?

C'est l'un des grands enjeux de ce type de réorganisation. Il convient d'accompagner la mise en place de ces dispositifs, qui seront nouveaux, par une formation adaptée, appropriée au bénéfice des personnels concernés. Il s'agit essentiellement de fonctionnaires de la sécurité publique qui constituent le gros des effectifs de la police nationale.

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