Attentats de Paris : toujours pas "un iota de réponse" sur les dysfonctionnements des renseignements

Près d'un mois et demi après les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis, il faut "ouvrir une commission nationale d'enquête", estime François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique. L'objectif ? Comprendre ce qui a dysfonctionné et ce qui a marché dans l'anticipation et la gestion des attentats.

(François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la Recherche Stratégique © Maxppp)

A quoi servirait une commission d'enquête nationale sur les attentats ? Pour François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), qui en réclame l'ouverture, cette commission aurait deux buts. D'abord, elle permettrait "d'essayer de comprendre ce qui a cessé de marcher dans notre appareil d'anticipation et de renseignement par rapport aux attentats, puisqu'on a eu une série d'attentats aboutis depuis l'affaire Merah en 2012, alors qu'on avait eu presque 15 ans sans attentat ."

Mieux gérer de "probables" prochains attentats 

Deuxième obectif de cette commission d'enquête : améliorer la gestion de crise pendant les attentats. "L'attentat de Paris a été le plus important que la France ait subi en matière de terrorisme depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est un peu l'équivalent de ce que fut le 11-Septembre pour les Américains, à notre échelle. Les Américains, dans ce genre de circonstances, avaient établi ce type de commission, qui leur a permis de remettre sur pied le renseignement intérieur. C'est un projet positif que d'essayer de tirer les leçons de ce qui n'a pas marché, et parfois aussi de ce qui a marché, par exemple au Stade de France où la prise de décisions a été apparemment rapide et exemplaire ."

Si réponses politiques il y a eu, les explications plus stratégiques manquent cruellement, pour François Heisbourg. "Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu de réponse. On a déclaré qu'on était en guerre, on a déclaré qu'il fallait établir deux catégories de Français : ceux qui étaient 'déchéables' et les autres. Ce sont des réponses, bonnes ou mauvaises. Par contre, ça ne nous donne pas un iota de réponse par rapport à ce qui a dysfonctionné dans l'appareil de renseignement, ni à la question de la gestion de la crise. A-t-on bien géré ou non ? Si on a bien géré, quelles sont les bonnes pratiques qu'il va falloir développer à l'échelle de l'ensemble des primo-intervenants, de ceux qui répondent aux attentats pour le cas où il s'en reproduirait, ce qui est malheureusement une hypothèse tout à fait possible ."

 

 

"On n'a pas un iota de réponse par rapport à ce qui a dysfonctionné dans l'appareil de renseignement, ni dans la gestion des attentats" (François Heisbourg))
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