Attentats de Paris : l'union nationale se fissure déjà

François Hollande reçoit ce dimanche les responsables politiques après les attentats de vendredi. De son côté, le Premier ministre Manuel Valls appelle à l'union sacrée. Mais déjà la droite demande des comptes.

(Nicolas Sarkozy a été reçu ce samedi par François Hollande © MAXPPP)

L'union nationale a du plomb dans l'aile. Alors que François Hollande reçoit ce dimanche les principaux responsables politiques, alors que Manuel Valls appelle à "l'union sacrée" de nombreuses voix se font déjà entendre à droite pour réclamer des comptes au gouvernement.

Après avoir été reçu par François Hollande, Nicolas Sarkozy a réuni les ténors de son parti Les Républicains. Un communiqué est prêt mais il n'est pas public et devra être débattu mardi soir. Les grandes lignes en sont pourtant déjà connues. En substance : "unité dans le deuil, oui", mais pas "unité politique". La différence est de taille par rapport au 11 janvier où l'unanimité de la classe politique avait prévalu après les attentats.

"Là où au mois de janvier, avec le gouvernement, nous pouvions être d'accord sur un certain nombre de propositions, elles n'ont pas été mise en œuvre. La preuve en est : il y a aujourd'hui des bombes ambulantes qui circulent dans notre pays. Ce qui est regardé comme une armée de l'intérieur doit être neutralisée et abattue. Dire que nous sommes en guerre, c'est bien, la faire c'est mieux? A l'extérieur et à l'intérieu r", a expliqué Christian Estrosi député-maire de Nice.

La droite veut des mesures fortes

Dès samedi soir, Eric Ciotti expliquait déjà que les Français étaient en droit de demander des comptes à François Hollande. Les membres de l'opposition réclament des mesures fortes et mettent la pression à François Hollande avant son discours de ce lundi devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.

Pour Valérie Pécresse, tête de liste Les Républicains pour les élections régionales en Ile-de-France, il faut revoir la façon dont sont gérés les policiers et les gendarmes. "A Paris, certains font des gardes statiques, a-t-elle expliqué, il faut repenser ce système et mettre des sociétés de sécurité privés pour ces gardes statiques et permettre que les policiers eux puissent être dans les rues. Nous avons à repenser complètement notre système de sécurité. "

Dès samedi matin, Laurent Wauquiez avait réclamé des mesures coercitives pour les personnes fichées pour terrorisme réclamant un "Patriot act" à la française. "On a aujourd'hui beaucoup trop d'individus fichés pour terrorisme et qui représentent une menace pour notre territoire Ça signifie que ceux qui sont de nationalité française doivent être massés dans des camps d'internements ", a assainé Laurent Wauquiez.

Des troupes au sol

Mais les critiques ne se concentrent pas uniquement sur la sécurité intérieure. Il a également été question de la politique internationale de la France. Bruno Le Maire veut ainsi l'envoi de troupes au sol :  "Imaginez un instant si ce que s'est produit à Paris  s'était produit à New York, à Washington sur le sol américain, il y aurait déjà aujourd'hui, même une réunion du conseil de sécurité de l'ONU pour étudier les réponses militaires à la menace de Daech. Je demande une nouvelle fois comme je le fais depuis des mois la formation d'une coalition internationale avec des troupes au sol ."

Bruno Le Maire demande "l'envoi de troupes au sol"
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Cette question des troupes au sol devrait sans doute être l'un des points de débat de la semaine après le congrès de lundi. Autre sujet de discussions : la COP21 – le grand sommet sur le climat qui doit débuter à la fin du mois. A l'issue de son entretien avec François Hollande, Nicolas Sarkozy ne demandera pas le report de cette conférence a déclaré l'entourage du président des Républicains.