Trafic d'influence présumé : l'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, mis en examen

Il est soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire entre l'ancien président et des hauts magistrats de la Cour de cassation, dont Gilbert Azibert également mis en examen.

Photomontage de Thierry Herzog (G), à Bordeaux, le 25 avril 2013, et Nicolas Sarkozy (D), à Nice, le 10 mars 2014. 
Photomontage de Thierry Herzog (G), à Bordeaux, le 25 avril 2013, et Nicolas Sarkozy (D), à Nice, le 10 mars 2014.  (MEHDI FEDOUACH-VALERY HACHE / AFP)

L'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog est mis en examen, mardi 1er juillet, annonce son avocat, dans le cadre de l'enquête en cours pour trafic d'influence menée à la suite de la mise sur écoutes de l'ancien président. Après son placement en garde à vue mardi, Nicolas Sarkozy devrait être à son tour présenté dans les heures qui viennent devant les juges pour une possible mise en examen.

L'avocat de Thierry Herzog n'a pas précisé  les chefs de poursuites retenus contre son client, mais ce dernier est soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire entre Nicolas Sarkozy et des hauts magistrats de la Cour de cassation, dont Gilbert Azibert. Ce dernier, avocat général à la Cour de cassation, a également été mis en examen mardi, notamment pour trafic d'influence, indique son avocat Me José Allegrini.

Qui sont les protagonistes de l'affaire ?

Nicolas Sarkozy est le premier ancien chef d'Etat de l'Histoire placé en garde à vue. Il a été placé en garde à vue mardi dans les locaux du siège de la PJ, à Nanterre, dans le cadre de l'enquête pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction où est cité l'ancien président. L'ancien président aurait été le bénéficiaire potentiel du trafic d'influence présumé.

Me Thierry Herzog est l'avocat et ami de longue date de Nicolas Sarkozy. Il est arrivé lundi matin à la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine), où on lui a rapidement signalé sa garde à vue. Il est soupçonné d'avoir joué le rôle d'intermédiaire dans ce dossier de trafic d'influence.

Le magistrat Gilbert Azibert est avocat général à la deuxième chambre civile de la Cour de cassation. Il a été interpellé lundi à son domicile bordelais avant d'être conduit à Nanterre. Les enquêteurs tentent de déterminer s'il a été tenté de fournir des informations au camp Sarkozy.

Patrick Sassoust, autre magistrat, également placé en garde à vue, n'est apparu au grand jour que lundi. Ce magistrat est avocat général à la chambre criminelle de la Cour de cassation. Il a été un subordonné de Gilbert Azibert et ne devrait pas être présenté aux juges.

Que leur reproche la justice ?

L'office anticorruption de la police judiciaire cherche à établir si l'ancien chef de l'Etat, avec l'appui de Thierry Herzog, a cherché à obtenir des informations auprès de Gilbert Azibert sur une enquête le concernant en échange de la promesse d'un poste de prestige. Nicolas Sarkozy aurait en effet cherché à faciliter la promotion du haut magistrat pour un poste à Monaco, qu'il n'a finalement pas obtenu.

Dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 26 février par le parquet national financier, les enquêteurs veulent aussi savoir si Nicolas Sarkozy a été illicitement informé de son placement sur écoutes.

La mise sur écoutes, mesure spectaculaire pour un ancien président, avait été décidée en septembre dans une l'enquête concernant les accusations de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Ces interceptions auraient révélé que Nicolas Sarkozy et son avocat étaient bien renseignés sur la procédure alors en cours à la Cour de cassation sur l'affaire des soupçons d'abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt.

Quels sont les risques pour Nicolas Sarkozy ?

Cette affaire se rapportant à des faits postérieurs au mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy, ce dernier n'est couvert par aucune immunité. A l'issue de sa garde à vue, l'ancien président pourra être soit relâché sans poursuites à son encontre, soit présenté à un juge qui pourra le mettre en examen ou bien l'entendre en qualité de témoin assisté s'il estime que les charges ne sont pas suffisantes.

En cas de mise en examen pour trafic d'influence, Nicolas Sarkozy pourrait théoriquement encourir jusqu'à dix ans de prison et 150 000 euros d'amende. C'est en effet la peine maximale prévue par l'article 433-1 du code pénal