"Mur des cons" : "le journaliste n'a jamais informé sa hiérarchie qu'il détenait ces images"

La direction nationale de la rédaction de France 3 a ouvert, lundi, une procédure disciplinaire à l'encontre d'un de ses journalistes. Pascal Golomer, directeur de la rédaction, explique sa démarche.

Capture d\'écran de la vidéo montrant le \"mur des cons\" affiché dans les locaux parisiens du Syndicat de la magistrature, publiée le 23 avril 2013 sur le site Atlantico.
Capture d'écran de la vidéo montrant le "mur des cons" affiché dans les locaux parisiens du Syndicat de la magistrature, publiée le 23 avril 2013 sur le site Atlantico. (ATLANTICO)

La direction nationale de la rédaction de France 3 a ouvert, lundi 29 avril, une procédure disciplinaire à l'encontre d'un de ses journalistes, Clément Weil-Raynal, qui a tourné les images du "mur des cons" affiché au Syndicat de la magistrature et "qui a fait le choix d'en dissimuler l'existence à sa hiérarchie". Pascal Golomer, directeur de la rédaction nationale de France 3, explique sa démarche.

Qu'est-ce qui appelle une procédure disciplinaire dans le comportement de Clément Weil-Raynal ?

Pascal Golomer : Cette procédure porte uniquement sur le comportement du journaliste dans sa relation à son employeur, compte tenu des obligations contenues dans son contrat de travail.

Le journaliste reconnaît avoir filmé la vidéo en question dans le cadre d'un reportage qu'il réalisait pour la rédaction mais il n'a jamais informé sa hiérarchie qu'il détenait ces images ni évoqué avec elle l'opportunité ou non de les diffuser en exclusivité.

C'est particulièrement de cela dont il sera question tout au long de la procédure.

Le communiqué de France 3 dit que la procédure disciplinaire ne portera pas sur le fond. Qu'est ce que cela signifie ?

Pascal Golomer : Il ne s'agit pas de juger de l'opportunité ou non de filmer ou de diffuser les images du désormais fameux mur de photos installé dans les locaux du Syndicat de la Magistrature, ce n'est pas le débat.

D'ailleurs, les éditions de France 3 ont diffusé ces images comme beaucoup d'autres médias, compte tenu du débat politique qu'elles ont suscité.

Ce n'est pas ce qui est filmé qui est en cause, c'est la façon dont ces images ont été transmises à d'autres médias que celui qui emploie le journaliste en question.

La procédure n'a qu'un objectif : établir si le journaliste - à travers son comportement -  a violé ou non certaines dispositions de son contrat de travail. 

Est-ce que le caractère politique de cette affaire entre en ligne de compte dans le suivi de cette procédure ?

Pascal Golomer : Absolument pas. La direction entend bien mener cette procédure disciplinaire loin de toute polémique, dans un cadre très formel défini à la fois par les accords d'entreprise et la convention collective.

Cela prendra le temps nécessaire, dans le respect des droits de chacun.

Y a-t-il lieu à sanction ? La direction en décidera une fois que tous les faits auront été présentés et tous les arguments entendus.

Dans cette affaire, je peux vous assurer que nous ferons preuve à la fois de toute la rigueur et de la sérénité nécessaires.