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Daniel Pearl et Karachi : le juge Trévidic rapproche les deux affaires

Le juge en charge du dossier Karachi estime que le journaliste américain tué au Pakistan, aurait été exécuté dans un but politico-financier. Il cherche à prouver que les salariés français de la DCN ont été victimes du même type de règlement de comptes.

 

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France Télévisions
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Le juge Marc Trévidic s'est rendu au Etats-Unis en février pour recueillir un témoignage capital dans l'instruction sur l'affaire Karachi. (AFP)

Y a-t-il un point commun entre la décapitation d'un journaliste américain en 2002 et un attentat contre des employés français au Pakistan la même année ? Le juge Marc Trévidic l'assure, rapporte le Parisien lundi 25 juin. Chargé du volet terroriste dans l'instruction sur l'affaire Karachi, le juge offre un nouveau rebondissement inattendu à ce dossier vieux de dix ans.

• Rebondissement dans l'affaire Daniel Pearl

Le 29 janvier 2002, sous l'œil d'une caméra, le journaliste américain Daniel Pearl est décapité au Pakistan par des terroristes islamistes. En tous cas, c'est ce que les Etats-Unis affirment à l'époque.

Mais selon le juge Marc Trévidic, cette exécution était liée au non-respect d'un contrat d'armement conclu entre les Etats-Unis et le Pakistan en 1990. C'est exactement ce qu'il veut prouver dans l'affaire Karachi, du nom de la ville pakistanaise où 11 salariés français de la Direction des constructions navales (DCN) ont été tués dans un attentat, en mai 2002.

En février, le juge Marc Trévidic se rend aux Etats-Unis pour recueillir un témoignage : celui d'Omar Cheikh, un Pakistano-Britannique emprisonné à Guantanamo pour l'assassinat du journaliste Daniel Pearl. Par ailleurs, il est soupçonné d'être un agent de l'ISI, le service secret pakistanais.

Le prisonnier lui fait une révélation capitale : au moment du rapt du journalisme, deux e-mails ont été envoyés aux autorités américaines pour demander l'exécution du contrat d'armement entre les Etats-Unis et le Pakistan. Ces mails existent toujours, ils ont été authentifiés par Omar Cheikh.

Conclusion : la décapitation du journaliste tiendrait moins du terrorisme islamiste que de l'imbroglio politico-financier.

• Quel rapport avec l'affaire Karachi ? 

Dans l'affaire Karachi, Marc Trévidic veut prouver une chose : l'attentat qui a tué 11 Français au Pakistan en 2002 ne serait pas un acte terroriste. Comme pour l'assassinat de Daniel Pearl, il serait lié à une affaire politico-financière. 

C'est ce qui dit le rapport Nautilus, rédigé en 2002, appuyant l'hypothèse du juge : la France n'aurait pas honoré un contrat d'armement conclu avec le Pakistan : le contrat Agosta. Une transaction frauduleuse aurait engendré des rétrocommissions utilisées pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Une fois arrivé au pouvoir, Jacques Chirac aurait coupé court à ce circuit financier. L'attentat de Karachi serait la revanche des Pakistanais. 

Pour ceux qui sont mis en cause dans cette affaire, dont Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy, c'est une thèse fumeuse. Ils insistent notamment sur un point : sept années se sont écoulées entre l'arrêt des versements et l'attentat. Marc Trévidic a désormais un nouveau contre-argument : Daniel Pearl n'a t-il pas été assassiné douze ans après la conclusion des contrats ?

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