Kadhafi : l'affaire qui empoisonne le retour de Nicolas Sarkozy

L'émission "Pièces à conviction" diffuse mercredi 29 janvier un document dans lequel le dictateur libyen dit avoir participé au financement de la campagne de en 2007. Des accusations que Nicolas Sarkozy a toujours démenties.

Mouammar Kadhafi à l\'Elysée aux côtés de Nicolas Sarkozy, le 10 décembre 2007.
Mouammar Kadhafi à l'Elysée aux côtés de Nicolas Sarkozy, le 10 décembre 2007. (FRANCK FIFE / AFP)

C'est l'une des affaires qui empoisonne l'éventuel retour de Nicolas Sarkozy : le financement supposé de sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen.

Des accusations jugées à de multiples reprises "grotesques" par l'ancien président, mais qui ressurgissent : lors d'un entretien en mars 2011, Mouammar Kadhafi a confié à une journaliste avoir participé au financement de la campagne du président français, revèle l'émission "Pièces à conviction", diffusée mercredi 29 janvier, à 23h15, sur France 3.

Francetv info fait le point sur les grandes étapes de cette affaire.

1 Les accusations du fils de Kadhafi

Les premières accusations sont portées par Saïf Al-Islam, le fils de l'ancien dictateur libyen. Dans une interview accordée à la chaîne Euronews en mars 2011, avant la chute de son père, il demande à Nicolas Sarkozy de "rendre l'argent" que la Libye lui aurait versé pour sa campagne électorale.

"C'est nous qui avons financé sa campagne et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler", affirme-t-il, quelques jours avant le lancement par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis de raids aériens contre le régime de son père. "Nous avons les détails."

2 Une note controversée publiée par Mediapart

Un an plus tard, Mediapart publie une note officielle libyenne datée du 10 décembre 2006, dans laquelle il est indiqué que le régime Kadhafi aurait débloqué une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le document, rédigé en arabe et traduit par Mediapart, est signé par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye. Il est qualifié d'"infamie" par Nicolas Sarkozy qui porte plainte pour faux et publications de fausses nouvelles contre le site d'information. Après un an et demi d'instruction, les magistrats chargés du dossier semblent soupçonner une falsification, révèle Vanity Fair en décembre 2013.

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3 Les "preuves" de Ziad Takieddine

Le nom du sulfureux homme d'affaires est déjà au cœur de l'affaire Karachi. Ziad Takieddine s'invite dans le dossier fin 2012 et affirme détenir des preuves du financement par la Libye de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Des accusations réitérées à plusieurs reprises mais l'homme n'avance cependant aucun élément concret.

Dans cette affaire, les témoignages sont contradictoires. L'Express relate par exemple le cas de Bachir Saleh : le proche de Kadhafi a démenti avoir connaissance d'un appui financier au candidat Nicolas Sarkozy. Mais d'autres protagonistes confirment, comme l'ex-premier ministre libyen Baghdadi Ali Al-Mahmoudi, rappelle Le Monde : l'homme avance, via son avocat, un financement à hauteur d'environ 50 millions d'euros.

4 Une information judiciaire ouverte

Le supposé financement occulte de la campagne de 2007 rebondit en avril 2013, avec l'ouverture d'une vaste information judiciaire contre X pour "corruption", "blanchiment", "trafic d'influence" et "abus de biens sociaux". 

5 La confession de Mouammar Kadhafi

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L'émission "Pièces à Conviction" dévoile un nouvel élément, mercredi 29 janvier, et raconte l'entretien du dictateur libyen avec la journaliste Delphine Minoui en mars 2011.

Au cours de cet échange, Mouammar Kadhafi affirme avoir participé au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. "C'est moi qui l'a fait arriver au pouvoir, explique-t-il au cours de l'entrevue, traduit par son interprète officiel. Nous lui avons donné le financement nécessaire."

Et le leader d'expliquer qu'en "tant que Libyen si le président gagne les élections grâce à nos fonds, c'est vraiment un gain pour nous".