Financement libyen : après la volte-face de Ziad Takieddine, Nicolas Sarkozy se dit en "colère" d'avoir été "traîné dans la boue"

Dans cette affaire, "il n'y a pas l'ombre d'un virement, pas l'ombre d'un versement", a-t-il martelé vendredi.

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Nicolas Sarkozy, le 7 novembre 2020 à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)

Nicolas Sarkozy contre-attaque. Deux jours après le retrait surprise des accusations de Ziad Takieddine sur un présumé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l'ancien président de la République a dit sa "colère" d'avoir été "traîné dans la boue", lors d'une interview à BFMTV diffusée vendredi 13 novembre.

"Je suis partagé entre une colère froide dont vous n'imaginez pas la profondeur et la force", et la "stupéfaction", a affirmé Nicolas Sarkozy. "C'est grave, pas simplement pour moi (...) mais pour la France, qui donne le sentiment que son ancien chef de l'Etat pouvait être un corrompu, c'est une ignominie", a-t-il ajouté.

Dans cette affaire, "il n'y a pas l'ombre d'un virement, pas l'ombre d'un versement", a-t-il martelé.

Pour Nicolas Sarkozy, tout repose sur les "déclarations d'un individu qui a menti"

En novembre 2016, alors que Nicolas Sarkozy briguait l'investiture de la droite à la présidentielle, Ziad Takieddine, sulfureux intermédiaire et l'un des principaux témoins à charge contre Nicolas Sarkozy, avait affirmé avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 "un total de cinq millions d'euros" dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris.

Coup de théâtre mercredi : il a retiré ses accusations, dans une vidéo dévoilée par BFMTV et Paris Match (propriété du groupe Lagardère, où Nicolas Sarkozy est membre du conseil de surveillance).

Est-ce que c'est normal qu'un ancien président de la République soit traîné dans la boue comme je le suis depuis huit ans, sur les seules déclarations d'un individu qui a menti ?

Nicolas Sarkozy

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Le procureur national financier a toutefois affirmé jeudi que les charges contre Nicolas Sarkozy "ne se limitent pas aux déclarations" de Ziad Takieddine et s'appuient "sur des indices graves ou concordants".

"Je ne suis pas un pourri"

"Ce dossier n'est truffé que de faux", a répliqué l'ancien président, mis en examen le 12 octobre pour "association de malfaiteurs" dans ce dossier, en réfutant point par point les arguments à charge. "J'ai dit aux juges : 'cherchez pendant un siècle (...) vous ne trouverez rien'", a-t-il souligné.

"J'ai honte pour mon pays", a ajouté l'ancien président, très remonté, et qui a sèchement lancé à Ruth Elkrieff, qui l'interviewait, "Mesurez votre vocabulaire et les choses iront beaucoup mieux". "Je ne suis pas un pourri, et ce qui m'est infligé est un scandale qui finira dans les annales", a ajouté Nicolas Sarkozy, qui sera jugé à partir du 23 novembre dans une autre affaire, celle des "écoutes".

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