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Serge Dassault demande la levée de son immunité parlementaire

Le sénateur UMP, soupçonné d'achat de vote et de corruption, se dit "prêt à affronter" un placement en garde à vue, pour "avoir accès à la procédure".

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France Télévisions
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Serge Dassault, sénateur UMP et industriel, le 14 juillet 2013, lors du défilé militaire, place de la Concorde à Paris. (AFP/MARTIN BUREAU / AFP)

"Je demande la levée de mon immunité parlementaire." C'est ce qu'a annoncé Serge Dassault à l'AFP, lundi 10 février, expliquant vouloir démontrer qu'il n'avait "rien à [se] reprocher". L'industriel et patron de presse a déjà échappé, de justesse, à la levée de son immunité car le bureau du Sénat avait rejeté deux demandes de la justice en ce sens.

Les magistrats en charge du dossier s'intéressent aux élections municipales organisées en 2008, 2009 et 2010 à Corbeil-Essonnes (Essonne) remportées par Serge Dassault, puis par Jean-Pierre Bechter. Ils soupçonnent les deux hommes d'achat de votes, de corruption, de blanchiment et d'abus de biens sociaux. La levée de l'immunité parlementaire de l'élu doit permettre aux juges du pôle financier de Paris de le placer éventuellement en garde à vue et de procéder à des perquisitions dans ses locaux.

Cette annonce de Serge Dassault n'est pas si surprenante. Dans une tribune publiée le 12 janvier sur le site du Figaro, dont il est le propriétaire, il assurait se tenir "à la disposition immédiate de la justice", en réponse "aux déferlements de haine" à son égard après le refus du bureau du Sénat de lever son immunité parlementaire. "Plus tôt je serai interrogé par la justice, mieux ce sera", assurait alors le sénateur. Et de poursuivre : "Je pourrai enfin prouver que je suis totalement innocent, victime d'une tentative de déstabilisation et de faux témoignages."

"Je suis prêt à affronter cette épreuve"

L'ancien maire de Corbeil-Essonnes a en fait devancé la décision du bureau du Sénat qui devait à nouveau se prononcer, mercredi 12 février, sur la levée de son immunité parlementaire. Les juges chargés de l'affaire, annonçant de nouveaux éléments apparus dans le dossier, ont en effet déposé une nouvelle demande en ce sens. "J'ai décidé de demander au bureau du Sénat qui se tiendra le 12 février prochain de lever mon immunité parlementaire, quel que soit le mode de scrutin, de façon à être entendu", indique Serge Dassault dans un communiqué. "Et même si cette levée d'immunité provoque mon placement en garde à vue, je suis prêt à affronter cette épreuve."

Il explique alors la raison de cette demande : "Je pourrai de ce fait avoir accès à la procédure et enfin pouvoir me défendre contre ces accusations. Je pourrai ainsi démontrer ma totale innocence de ces soi-disant achats de votes". Selon l'élu, ces "accusations" sont "inventées de toute pièce par certains de mes adversaires politiques de Corbeil-Essonnes, qui n'ont pas hésité à prononcer des mensonges et des faux témoignages pour essayer de reprendre le contrôle de la ville" lors des prochaines élections municipales de mars.

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