VIDEO. Arbitrage Crédit lyonnais : "Bernard Tapie est un escroc", accuse l'avocat du Consortium de réalisation

Benoît Chabert, l'avocat du Consortium de réalisation (CDR) était l'invité de franceinfo ce lundi. Il accuse l'homme d'affaires d'être "un escroc".

Bernard Tapie est un "escroc" a déclaré Benoît Chabert, l'avocat du Consortium de réalisation (CDR), l'organisme chargé de liquider le passif du Crédit lyonnais, lundi 11 mars sur franceinfo. Une déclaration qui intervient alors que le procès de Bernard Tapie pour "escroquerie", dans l'affaire de l'arbitrage du litige avec le Crédit lyonnais s'ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Un arbitrage "qu'il a organisé en coulisses, pour son intérêt".

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franceinfo : Qu'est-ce qui va se jouer lors de ce procès de Bernard Tapie ?

Benoît Chabert : Il se joue le regard pénal sur un arbitrage truqué. On sait maintenant de façon définitive que l'arbitrage a été truqué. Le 17 février 2015, de façon absolument claire, la Cour d'appel a dit que c'était un simulacre d'arbitrage, qu'il y avait donc une fraude et que les parties se connaissaient et a annulé cet arbitrage. C'est définitif, on ne peut plus revenir dessus. Cette fraude est-elle également une infraction pénale ? Est-ce une escroquerie ? Moi j'en suis persuadé. Parce qu'on ne va pas truquer un match sans savoir qu'on le truque.

L'un des arguments de Bernard Tapie, c'est de dire que lui aussi est une victime dans cette affaire, qu'il s'est fait escroquer par la banque que vous représentez aujourd'hui. Entendez-vous ces arguments de Bernard Tapie ?

Il se trompe. Il ne se trompe pas de façon subjective mais de façon objective. Après le 17 février 2015, qui annule un arbitrage, la cour d'appel statue pour savoir s'il y a une faute du Crédit lyonnais et le 3 décembre 2015 dans une décision, la cour d'appel dit qu'il n'y a eu aucune faute du Crédit lyonnais dans la vente d'Adidas. Donc, quand Bernard Tapie dit ça, c'est un argument de défense. Il a le droit de dire ce qu'il veut et moi j'ai le droit de dire qu'il se trompe.


Pour vous l'arbitrage était pipé ? Les trois arbitres qui ont choisi d'accorder 400 millions d'euros à Bernard Tapie en 2008, c'était joué d'avance selon vous ?

C'est ce qu'on a constaté lorsqu'on découvre le dossier, lorsqu'on découvre qu'il y a des notes qui sont envoyées à un des arbitres. Pierre Estoup [un des arbitres] reçoit, presque un an et demi avant qu'il ne soit nommé arbitre, un dossier de l'avocat de Bernard Tapie qui explique tout. Vous ne trouvez pas cela étonnant ? On découvre aussi qu'il y a des rendez-vous qui sont pris entre Bernard Tapie et Pierre Estoup. On découvre que c'est cet arbitre qui a tout fait. Et qu'il y avait une connivence absolument suspecte et frauduleuse. Il l'a organisée en coulisses, il l'a organisée avec son avocat qui comparaît lui aussi. Il a organisé cela pour lui dans son intérêt. L'avocat de la partie civile que je suis peut dire que Bernard Tapie est un escroc et qu'ainsi un escroc va arriver à attirer à lui toutes les personnes possibles et inimaginables qui finalement tombent dans le jeu et la séduction. Les 50 visites de [Bernard Tapie] à l'Elysée [sous la présidence de Nicolas Sarkozy] sont dans le dossier et elles seront appréciées. Bernard Tapie ne peut agir sans avoir quelque chose derrière la tête. Est-ce que la personne qui l'écoute sait quelles sont les intentions de Bernard Tapie ? Je n'en sais rien, c'est le débat pénal. L'enjeu de ce débat pénal est de répondre à ces questions.

Bernard Tapie doit rembourser un peu plus de 500 millions d'euros. Pensez-vous qu'il remboursera un jour ?

C'est 525 millions d'euros. Je pense qu'il fait tout pour ne jamais rembourser. Le CDR et l'Etat, nous faisons tout pour un jour récupérer ces fonds. Il y a des saisies qui sont faites et des procédures. L'objectif est quand même de récupérer ce qui a été volé à l'Etat.

Benoît Chabert, l\'avocat du Consortium de réalisation (CDR), était l\'invité de franceinfo lundi 11 mars. 
Benoît Chabert, l'avocat du Consortium de réalisation (CDR), était l'invité de franceinfo lundi 11 mars.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)