Entendu depuis lundi, Bernard Tapie reste en garde à vue

L'homme d'affaires est auditionné dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage de son litige avec le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas.

Bernard Tapie, le 26 mai 2013, au stade Vélodrome de Marseille (Bouches-du-Rhône). 
Bernard Tapie, le 26 mai 2013, au stade Vélodrome de Marseille (Bouches-du-Rhône).  (GERARD JULIEN / AFP)

Bernard Tapie va passer encore un peu de temps en compagnie des membres de la brigade financière. Sa garde à vue, déjà prolongée mardi et mercredi l'a été de nouveau, pour 24 heures, jeudi 27 juin. L'homme d'affaires est auditionné dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage de son litige avec le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas, qui lui a permis d'obtenir 403 millions d'euros en 2008. Les magistrats soupçonnent cet arbitrage d'avoir été biaisé à son profit.

Depuis quand Bernard Tapie est-il en garde à vue ?

Convoqué lundi matin par les policiers de la brigade financière, l'homme d'affaires, âgé de 70 ans, a aussitôt été placé en garde à vue, à l'Hôtel-Dieu. L'hôpital parisien dispose d'une salle spécialisée pour les gardés à vue nécessitant une surveillance médicale. On ignore la raison pour laquelle Bernard Tapie a été admis dans cette structure. Il est revenu à la brigade financière dans l'après-midi.

Combien de temps peut-elle durer ?

C'est un officier de police judiciaire qui peut, d'office ou sur instruction du procureur de la République, placer une personne en garde à vue. Dès le début de la mesure, il doit donner connaissance à cette personne des motifs justifiant ce placement, et l'avise de la qualification des faits qu'il lui a notifiée, dit le Code de procédure pénale. En principe, une garde à vue ne dure pas plus de 24 heures. Mais il y a des exceptions.

Pour Bernard Tapie, la garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures, soit 4 jours, car l'enquête s'intéresse à des faits présumés d'escroquerie en bande organisée. Ensuite, si les magistrats estiment, au terme de sa garde à vue, qu'il y a des indices concordants sur sa participation à une présumée escroquerie, l'homme d'affaires pourrait être mis en examen pour complicité ou recel de ce délit. 

A ce jour, trois personnes ont été mises en examen pour "escroquerie en bande organisée" dans ce dossier : Pierre Estoup, un ex-juge arbitre, Stéphane Richard, le PDG d'Orange et ancien directeur de cabinet de l'ex-ministre de l'Economie, et Jean-François Rocchi, l'ancien président du Consortium de réalisation (CDR), organisme chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais. Stéphane Richard a annoncé mardi son intention de former un recours contre sa mise en examen.