Affaire Karachi : la demande de renvoi devant la Cour de justice de la République est "une première victoire pour les familles des victimes"

Le parquet demande un procès devant la Cour de justice de la République pour l'ancien Premier ministre Edouard Balladur et son ministre de la Défense François Léotard.

L\'ancien Premier ministre Edouard Balladur, le 14 janveir 2017 à Paris.
L'ancien Premier ministre Edouard Balladur, le 14 janveir 2017 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

"C'est une première victoire pour les familles de victimes", s'est félicité maître Olivier Morice samedi 21 septembre sur franceinfo, après que le procureur général François Molins a requis le renvoi devant la Cour de justice de la République (CJR) de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur et de son ancien ministre de la Défense François Léotard, dans le cadre de l'affaire Karachi.

La preuve que la plainte des familles était "pertinente"

"C'est évidemment une satisfaction. Lorsque nous avions déposé la plainte [en 2009] à l'origine de toute cette affaire, on se moquait des familles des victimes de l'attentat de Karachi. On expliquait que cela ne donnerait aucune suite", a déclaré Olivier Morice, qui représente la plupart des familles de victimes de l'attentat de Karachi au Pakistan en 2002.

L'enquête sur cet attentat, qui a provoqué la mort de 15 personnes, dont 11 employés français de l'ancienne Direction des chantiers navals, explore depuis 2009 la piste de représailles après l'arrêt du versement de commissions dans le cadre d'un contrat de vente de trois sous-marins au Pakistan. L'enquête s'est ensuite intéressée à des rétrocommissions, en marge de contrats de sous-marins avec le Pakistan et l'Arabie saoudite, qui auraient permis un financement illégal de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Depuis le début de cette affaire, les familles ont le sentiment qu'on leur cache la véritéMaître Olivier Moriceà franceinfo

"On a expliqué aux familles qu'il n'y avait eu aucun financement illicite notamment de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur [en 1995], poursuit Olivier Morice. On leur a dit que tout cela n'était qu'une fable. S'il y a un renvoi devant la Cour de justice de la République d'Edouard Balladur et de François Léotard, ce sera la démonstration que la plainte qu'elles avaient déposée était particulièrement pertinente."

Un premier procès en octobre

Olivier Morice souhaite que la justice puisse aller "jusqu'au bout". L'avocat précise néanmoins qu'il aurait souhaité que les anciens ministres "soient jugés comme des hommes ordinaires, même si leurs fonctions étaient extraordinaires" et donc qu'ils "soient à côté de ceux qui seront renvoyés devant le tribunal correctionnel" le mois prochain, dans le cadre de cette même affaire. Mais les "institutions ne le permettent pas", la Cour de justice de la République est la seule à pouvoir juger des ministres ou anciens ministres pour des faits présumé réalisés dans le cadre de leurs fonctions.