Venezuela : le pouvoir annonce une élection présidentielle anticipée, qui aura lieu d'ici la fin avril

Une organisation aussi rapide pourrait prendre l'opposition au président Nicolas Maduro de court, alors que la plupart de ses dirigeants sont emprisonnés, en exil ou privés du droit de se présenter.

Le président vénézuelien Nicolas Maduro, lors d\'une parade militaire, à Caracas (Venezuela), le 16 janvier 2018. 
Le président vénézuelien Nicolas Maduro, lors d'une parade militaire, à Caracas (Venezuela), le 16 janvier 2018.  (REUTERS)

Une initiative politique pour dynamiter l'opposition. Le pouvoir vénézuélien, englué dans une crise économique, a convoqué, mardi 23 janvier, une élection présidentielle anticipée à laquelle le chef de l'Etat Nicolas Maduro va se représenter pour tenter de profiter d'une dynamique électorale favorable et des divisions de l'opposition. "Avant le 30 avril, doit se dérouler une élection présidentielle au Venezuela", annonce le décret proposé par le numéro deux du régime Diosdado Cabello et adopté à l'unanimité par l'Assemblée constituante acquise à Nicolas Maduro.

La présidentielle était jusqu'à présent officiellement prévue pour fin 2018. Cette annonce intervient à un moment où de délicates négociations sont en cours avec l'opposition pour tenter de résoudre la crise politico-économique au Venezuela. Elle a également lieu au lendemain des sanctions adoptées par l'Union européenne contre de hauts dirigeants vénézuéliens, dont Diosdado Cabello.

C'est justement cette raison qui a été mise en avant par le numéro deux du chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013). "Si le monde veut nous infliger des sanctions, nous allons organiser des élections (...) Des pouvoirs impériaux et sans légitimité ont déclenché une campagne systématique de haine contre le Venezuela", a ajouté Diosdado Cabello à la tribune de l'Hémicycle.

"Un seul candidat pour poursuivre la révolution"

Ce membre de l'Assemblée constituante, installée début août, a également confirmé, sans le nommer, que l'actuel chef de l'Etat serait le candidat du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) au pouvoir. "Nous n'allons pas avoir de problèmes, nous avons un seul candidat pour poursuivre la révolution", a-t-il lancé, tandis que les centaines de membres de la Constituante scandaient "Nicolas !", "Nicolas !".

Cette instance aux prérogatives élargies, à la main du président Maduro, est chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Elle s'est attribuée la plupart des compétences du Parlement. "Nous allons vaincre unis", a poursuivi Diosdado Cabello, faisant allusion à la coalition de l'opposition de la Table de l'unité démocratique (MUD), plus divisée que jamais et qui doit encore passer par un long processus pour désigner son candidat. C'est le Conseil national électoral (CNE) -accusé par l'opposition de servir le gouvernement - qui doit fixer la date du scrutin, a conclu Diosdado Cabello.

Une vague de manifestations antigouvernementales, au cours desquelles 125 personnes ont été tuées, ont secoué le Venezuela d'avril à juillet.