Venezuela : 100 personnes sont mortes depuis le début des manifestations contre Nicolas Maduro

Depuis début avril, l'opposition vénézuélienne proteste contre la gestion du président, Nicolas Maduro et son projet d'Assemblée constituante. Une 100e personne est morte lors d'une manifestation, jeudi 20 juillet. 

Un manifestant au cours d\'une manifestation contre le gouvernement, le 20 juillet 2017. 
Un manifestant au cours d'une manifestation contre le gouvernement, le 20 juillet 2017.  (CARLOS BECERRA / AFP)

Le bilan s'alourdit au Venezuela. Les protestations violentes contre la politique de Nicolas Maduro, le président vénézuélien, ont fait 100 morts depuis le début du mois d'avril, a annoncé le parquet, vendredi 21 juillet. Un jeune de 15 ans a été tué lors d'une manifestation dans l'Etat de Zulia, dans l'ouest du Venezuela, jeudi, lors de la grève générale de 24 heures à l'appel de l'opposition. Il est la 100e personne à mourir en trois mois et demi.

L'opposition manifeste presque chaque jour dans les rues de Caracas depuis début avril, afin de dénoncer la gestion de Nicolas Maduro, jugée désastreuse, et pour réclamer une élection présidentielle anticipée. En trois mois, les manifestations ont souvent été émaillées de confrontations entre protestataires et forces de l'ordre.

Grève générale de 24 heures

Jeudi 20 juillet, l'opposition a lancé un appel à la grève générale pour dénoncer le projet de Nicolas Maduro de convoquer une Assemblée constituante. Barricades, commerces fermés et transports à l'arrêt : le Venezuela a été en partie paralysé par cette grève. 

Policiers et militaires ont lancé des grenades lacrymogènes et tiré du plomb de chasse afin de disperser des manifestants qui barraient les rues en élevant des barricades. Les blocages ont continué dans la soirée de jeudi. La grève générale a pris fin vendredi. 

Boycott du processus électoral

Les antichavistes – du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 jusqu'à sa mort en 2013, et dont Nicolas Maduro est l'héritier – s'opposent catégoriquement à la désignation d'une Assemblée constituante, défendue par l'actuel président vénézuélien. Selon l'opposition, cette Assemblée permettra de contourner le Parlement, où elle est majoritaire depuis les élections de décembre 2015.

Les 545 membres de l'Assemblée constituante doivent être élus le 30 juillet prochain. Ils auront pour mission de réécrire la Constitution. Pour le gouvernement, cette future assemblée sera un "super pouvoir" qui pourra dissoudre le Parlement. La durée de son mandat n'est pas définie. 

L'opposition a choisi de boycotter le processus électoral. Les antichavistes estiment que le mode de désignation des candidats à l'Assemblée constituante est verrouillé et trop favorable au chavisme. 70% des Vénézuéliens rejettent également cette assemblée, selon l'institut Datanalisis. Dimanche 17 juillet, pas moins de 7,6 millions de personnes ont participé à une consultation symbolique de l'opposition, afin de manifester leur rejet de la politique du président Maduro.