Venezuela : après une nouvelle panne d'électricité géante, le gouvernement dénonce une "attaque électromagnétique"

La panne de courant a affecté entre autres la distribution d'eau, les services de transports publics et les liaisons téléphoniques.

Des personnes chargent leur téléphone sur un groupe électrogène pendant la panne de courant, le 22 juillet 2019 à Caracas (Venezuela).
Des personnes chargent leur téléphone sur un groupe électrogène pendant la panne de courant, le 22 juillet 2019 à Caracas (Venezuela). (CAROLINA CABRAL / ANADOLU AGENCY / AFP)

Un pays plongé dans le noir et sans eau. De nombreuses régions du Venezuela et sa capitale, Caracas, ont connu une nouvelle panne d'électricité, lundi 22 juillet en fin de journée. La panne de courant a affecté entre autres la distribution d'eau, les services de transports publics et les liaisons téléphoniques. En province, des coupures ont été reportées dans la totalité des 23 Etats vénézuéliens, selon des utilisateurs de Twitter.

Les feux de signalisation se sont également retrouvés hors service lundi dans la capitale vénézuélienne. Cette panne a provoqué des embouteillages importants. Et des flots de piétons ont envahi les trottoirs après la fermeture du métro. Par ailleurs, les terminaux de paiements, indispensables dans un pays touché par l'hyperinflation où l'argent liquide et notamment les grosses coupures se font rares, étaient inutilisables. 

"Une nouvelle attaque criminelle"

Cette panne survient dans un contexte diplomatique tendu avec les Etats-Unis, que Caracas a accusé lundi d'avoir violé son espace aérien avec un "avion espion". "Les premiers éléments de l'enquête menée dans la région du Caroni [dans le sud du Venezuela] suggèrent qu'il s'agit d'une attaque électromagnétique visant à nuire au système de production hydroélectrique", a expliqué le ministre de la Communication à la télévision. Plus tard, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a dénoncé sur Twitter une "nouvelle attaque criminelle".


D'autres "black-out" ont plongé le Venezuela dans le noir cette année. Le gouvernement de Nicolas Maduro avait déjà attribué ces pannes à des "attaques terroristes" fomentées par l'opposition et les Etats-Unis contre la centrale hydroélectrique de Guri, qui alimente 80% du pays.

De son côté, l'opposition vénézuélienne met généralement les pannes de courant sur le compte de l'"incurie" et de la "corruption" à la tête de l'Etat. "Ils essayent de cacher l'ampleur de la tragédie en rationnant tout le pays, mais l'échec saute aux yeux : ils ont détruit le système électrique et n'ont pas de solutions", a réagi sur Twitter le chef de l'opposition Juan Guaido, président du Parlement, qui s'est proclamé en janvier président par intérim du Venezuela et est reconnu comme tel par une cinquantaine de pays avec à leur tête les Etats-Unis.