"Nous irons toujours de l’avant" : au Venezuela, l'embargo américain sur le pétrole ne décourage pas les chavistes

Les partisans de Nicolas Maduro se sont rassemblés samedi à Caracas pour célébrer la sortie de leur pays de l’Organisation des Etats Américains, l’OEA.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi 27 avril 2019 à Caracas, pour \"fêter\" la sortie du Venezuela de l\'OEA.
Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi 27 avril 2019 à Caracas, pour "fêter" la sortie du Venezuela de l'OEA. (YURI CORTEZ / AFP)

Les sanctions américaines contre l’entreprise pétrolière publique, la PDVSA, entrent en vigueur dimanche 28 avril. L'embargo interdit à toute entreprise américaine d'acheter du pétrole au Venezuela, et à toute entité étrangère d'utiliser le système bancaire américain pour se fournir en or noir vénézuélien.

"Ils voient s’éloigner la possibilité de nous voler notre pétrole"

Dans un pays où le pétrole représente 95% des exportations, les conséquences risquent d’être dramatiques. Mais cela n’entame pas la confiance des partisans de Nicolas Maduro, le président vénézuélien, qui se sont rassemblés samedi dans la capitale pour fêter la sortie du Venezuela de l'Organisation des Etats américains (OEA), dont le siège est à Washington.

Sur l’avenue Mexico, la salsa est si forte qu’aucun slogan ne se fait entendre. "Rentrez chez vous les Yankees", peut-on lire sur une pancarte brandie par Carlos, tout de rouge vêtu. Pour ce chaviste de 50 ans, l’entrée en vigueur des sanctions ne changera rien.

"Cela fait déjà de nombreuses années que l’on combat ce blocus qui était dissimulé et qui aujourd’hui de l’est plus, explique-t-il. Avec l’échec de la droite vénézuélienne, ils sont désespérés parce qu’ils voient s’éloigner la possibilité de nous voler notre pétrole et nos richesses." 

Des sanctions qui ébranlent la fragile économie vénézuélienne

Les chavistes assurent que l’opposition vénézuélienne est financée par Washington et qu’elle ne mobilise plus personne. "Le plus difficile pour les États-Unis, c’est la bataille de la conscience. Ils peuvent détruire notre économie, mais parce que nous sommes un peuple souverain et conscient, nous irons toujours de l’avant," explique Luis, un manifestant.

Même si tous les indicateurs économiques sont au rouge, Gerardo, 42 ans, assure que le Venezuela n’a pas dit son dernier mot.  "Nous devons suivre la route de pays comme la Russie, la Chine ou la Turquie et sortir du joug du dollar."

C’est par le dollar qu’on nous sanctionne, qu’on nous fait mourir de faim pour nous soumettre, mais nous ne nous soumettrons pas.Gerardo

Malgré tout, le Venezuela doit des milliards de dollars à ses alliés. Et avec la production de pétrole qui s’effondre, le pays n’aura bientôt plus grand chose à leur offrir pour les rembourser.    

L'embargo américain sur le pétrole vénézuélien entre en vigueur - Reportage de Benjamin Delille
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