Séparation des Églises et de l'État en 1905 : "Cette émancipation est notre plus grand trésor"

Jean-Pierre Sakoun, président du Comité Laïcité République, a estimé mardi 26 juin sur franceinfo que la séparation des Églises et de l'État en 1905 était "notre plus grand trésor", celui "de notre liberté". 

Emmanuel Macron au collège des Bernardins à Paris, le 9 avril 2018.
Emmanuel Macron au collège des Bernardins à Paris, le 9 avril 2018. (JACQUES WITT / MAXPPP)

Jean-Pierre Sakoun, président du Comité Laïcité République, a estimé mardi 26 juin sur franceinfo que la séparation des Églises et de l'État en 1905 était "notre plus grand trésor", alors qu'Emmanuel Macron rencontre ce même jour le pape à Rome. La vision de la laïcité du chef de l'État est contestée"1905 est le moment où on a pu s'émanciper (...). Cette émancipation s'est faite dans la douleur et parfois dans la violence. Cette émancipation, c'est notre plus grand trésor, c'est celui de notre liberté", estime Jean-Pierre Sakoun.

Emmanuel Macron vient aussi chercher à Rome son titre de "premier et unique chanoine honoraire de Latran", une tradition remontant au 17e siècle et au roi Henri IV : "Cela me faire rire dans un premier temps parce qu'il est évident que c'est anecdotique, que c'est plutôt drôle et folklorique", a-t-il réagi.

Cela finit par faire un ensemble inquiétant, d'autant plus inquiétant qu'on passe des paroles aux actes.Jean-Pierre Sakounà franceinfo

Mais Jean-Pierre Sakoun souligne que cet honneur s'inscrit dans une longue liste de gestes symboliques envers l'Église : "L'acceptation par le président de la République de ce titre folklorique de chanoine de Latran succède à la réception d'un prix précédé d'une messe [Ndlr le prix Charlemagne], il succède au discours des Bernardins, aux vœux des représentants des cultes lors desquels M. Macron a dit que les laïcs étaient radicalisés, succède à son discours lors des 500 ans de la Réforme. Ce mardi soir, à l'Assemblée, manifestement, à la demande du Premier ministre au moins, une loi va être votée en deuxième lecture qui risque de remettre en cause une partie de la loi de 1905. Il n'y a pas que des paroles, il y a des actes", a-t-il expliqué.

Lors de son discours au Collège des Bernardins devant les évêques de France, Emmanuel Macron avait évoqué le lien "abîmé" entre l'Église et l'État : "Il y a des liens historiques, il y a des liens culturels, mais il n'y a pas de liens institutionnels. Si le président de la République avait parlé du malaise des catholiques, des personnes, des individus, personne n'aurait rien dit. Ce qui est ennuyeux, c'est qu'il s'adresse à la hiérarchie catholique", a-t-il expliqué.