Les petits pas du pape François vers les homosexuels

Dans un long entretien publié jeudi dans la revue des jésuites "Civiltà Cattolica", il déclare que l'Eglise "ne peut insister seulement sur les questions liées à l'avortement, au mariage homosexuel et à l'usage des méthodes contraceptives".

Le pape François salue des fidèles sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le 18 septembre 2013.
Le pape François salue des fidèles sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le 18 septembre 2013. (TIZIANA FABI / AFP)

C'est l'un des trois grands combats du pape François : l'ouverture de l'Eglise vers les homosexuels. Pour sa première interview papale, publiée jeudi 19 septembre dans la revue des jésuites Civilta Cattolica, il juge notamment que l'Eglise en fait trop avec les gays. François appelle les fidèles à prendre leurs distances avec ce sujet. Il s'était déjà exprimé sur cette question sensible. Francetv info retrace les petits pas du souverain pontife vers les homosexuels.

"On ne doit pas marginaliser ces personnes"

Fin juillet, de retour des Journées mondiales de la jeunesse au Brésil, François a évoqué les homosexuels comme jamais aucun pape ne l'avait fait. Il s'est opposé à la stigmatisation et à la marginalisation des homosexuels. "Si une personne est homosexuelle, cherche Dieu et est de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? a-t-il lancé. Le catéchisme de l'Eglise catholique explique si bien cela. On ne doit pas marginaliser ces personnes, qui doivent être intégrées à la société."

Dans la revue des jésuites, il déclare que l'Eglise catholique "ne peut insister seulement sur les questions liées à l'avortement, au mariage homosexuel et à l'usage des méthodes contraceptives".

Il raconte également cet échange : "Un jour quelqu'un m'a demandé d'une manière provocatrice si j'approuvais l'homosexualité. Je lui ai alors répondu avec une autre question : 'Dis-moi : Dieu, quand il garde une personne homosexuelle, en approuve-t-il l'existence avec affection ou la repousse-t-il en la condamnant ?' Il faut toujours considérer la personne."

Le ton change, pas la doctrine

S'il est possible de déceler une évolution de l'Eglise, la doctrine n'a toutefois pas changé. En effet, le ton du pape François est plus conciliant que celui de son prédécesseur Benoît XVI, mais le pape s’inscrit toujours dans le catéchisme, qui considère l'homosexualité comme un acte "désordonné". Bernard Lecomte, écrivain et journaliste spécialiste du Vatican, explique au JDD.fr que "l'Eglise ne condamne pas les hommes mais les actes. C'est l'une des pensées fondamentales de cette religion et cela correspond tout à fait à ce que le pape a rappelé". En clair, d'après lui, la rupture de François réside dans le ton, mais "il n'y a pas de rupture sur le fond".

Même avis pour Patrick Sanguinetti, président et porte-parole de l'association David et Jonathan, mouvement homosexuel chrétien. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il estime qu'"il n'y a rien de nouveau sous le soleil du Vatican".