Le pape François juge que l'Eglise en fait trop sur le mariage gay et la contraception

Dans sa première longue interview, publiée jeudi, François prend ses distances avec certains combats de l'Eglise catholique et appelle à la "miséricorde".

Le pape François au Vatican, le 7 septembre 2013.
Le pape François au Vatican, le 7 septembre 2013. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Pour sa première interview papale, François s'est voulu sans tabou. L'Eglise catholique "ne peut insister seulement sur les questions liées à l'avortement, au mariage homosexuel et à l'usage des méthodes contraceptives", a estimé le pape dans un long entretien publié, jeudi 19 septembre, dans la revue des jésuites Civilta Cattolica. "Je n'ai pas beaucoup parlé de ces choses, et cela m'a été reproché," a-t-il expliqué. 

Si une femme a avorté, que cela lui "pèse énormément" et qu'"elle est sincèrement repentante", son acte doit être pardonné, a expliqué le pape François. "Le confessionnal n'est pas une salle de tortures mais le lieu de la miséricorde", a-t-il ajouté dans cette interview diffusée par quinze autres revues jésuites dans le monde. Il a également recommandé à l'Eglise d'"accompagner" les homosexuels et les divorcés "avec miséricorde" et "à partir de leurs conditions" de vie réelles.

S'agissant de son orientation politique et de sa réputation d'homme à poigne, Jorge Mario Bergoglio a expliqué qu'il n'avait "jamais été de droite" mais que sa "manière autoritaire de prendre des décisions lui avait créé des problèmes" quand il était responsable des jésuites à Buenos Aires (Argentine). "Je prenais mes décisions de manière brusque et personnelle", a-t-il admis.