Un gourou américain qui marquait ses esclaves sexuelles sur la peau a été arrêté au Mexique

Keith Raniere, chef de la secte NXIVM, est soupçonné d'avoir entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence, avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré.

Un homme marche dans la ville d\'Albany (Etats-Unis), ville où le gourou Keith Raniere a basé son organisation NXIVM.
Un homme marche dans la ville d'Albany (Etats-Unis), ville où le gourou Keith Raniere a basé son organisation NXIVM. (MIKE SEGAR / REUTERS)

Le gourou présumé d'une secte qui entretenait, pour son propre compte, un réseau d'esclaves sexuelles, qu'il faisait marquer par brûlure, a été interpellé dimanche au Mexique, extradé et devait être présenté à la justice américaine, mardi 27 mars.

Keith Raniere, 57 ans, a fondé en 1998 une organisation baptisée Executive Success Program (ESP), qui tenait des séries d'ateliers dont le but officiel était de "réaliser le potentiel humain" des participants. En 2003, il a créé une deuxième entité, baptisée NXIVM (prononcer Nexium), qui chapeautait ESP. Basée à Albany, capitale de l'Etat de New York, l'organisation a ouvert des centres dans plusieurs villes des Etats-Unis, du Canada, du Mexique et d'autres pays d'Amérique centrale.

Des séances de marquage sur la peau filmées

Dès les débuts d'ESP, Keith Raniere est soupçonné d'avoir entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence, avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré. En 2015, il aurait créé une organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des "esclaves" et des "maîtres". Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, le gourou présumé Keith Raniere lui-même.

Avant d'être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir de la "garantie", c'est-à-dire divers éléments compromettants pour elles-mêmes, photos, lettres, ou documents, que l'organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient l'organisation. Elles devaient aussi subir un "marquage", qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Raniere, à l'aide d'un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs. La victime était maintenue immobile par d'autres femmes et chaque séance était filmée.

Après la défection de plusieurs membres et la publication d'un long article dans le New York Times (en anglais), en octobre, le gourou présumé s'est enfui au Mexique, où il a été interpellé dimanche, dans une villa luxueuse. Il est poursuivi pour trafic sexuel, association de malfaiteurs et menaces. S'il est reconnu coupable de ces chefs d'accusation, Keith Raniere risque, au minimum, quinze ans de prison, et encourt jusqu'à la réclusion à perpétuité. Selon l'article du New York Times, environ 16 000 personnes auraient suivi ses formations depuis 1998.