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Présidentielle américaine : cinq choses à savoir sur Pete Buttigieg, le démocrate qui a créé la surprise en s'imposant lors des primaires dans l'Iowa

Pete Buttigieg a devancé Bernie Sanders, d'une très courte tête, lors du premier scrutin des primaires démocrates.

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France Télévisions
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Le candidat aux primaires démocrates Pete Buttigieg, lors d'une soirée électorale à Des Moines (Iowa), le 3 février 2020. (WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

"Iowa, tu as surpris le pays." Pete Buttigieg n'a pas caché son émotion, mardi 4 février, en réagissant aux premiers résultats des primaires démocrates en vue de la présidentielle américaine. Selon les chiffres définitifs (annoncés avec une semaine de retard en raison d'un bug technique), cet ancien maire de l'Indiana a obtenu 26,2% des délégués lors des caucus de l'Iowa, contre 25,1% pour Bernie Sanders. Voici cinq choses à savoir sur cet outsider qui a créé la surprise au début de la course à la Maison Blanche.

1Son nom se prononce "boutèdjèdje"

"Boutidjeudje", "Boutidjadje", "boutiguigue". Comment faut-il prononcer le nom de famille de Pete Buttigieg ? La question peut sembler anecdotique, mais elle a laissé pantois de nombreux Américains (et un journaliste de Fox News*). Donald Trump en a même fait un sujet de raillerie lors d'un meeting de campagne, en décembre. "J'ai entendu un mec dire 'non, non, c'est un nom imprononçable'C'est pour cela qu'ils le surnomment 'Mayor Pete'", s'est moqué le président américain, cité par le New York Times*.

Pas de quoi ébranler le jeune démocrate. Il a transformé les difficultés des Américains à prononcer son patronyme en une occasion de parler des origines maltaises de son père. Son surnom, "Mayor Pete", souligne sa proximité voulue avec les électeurs. Et son équipe a imprimé un aide-mémoire phonétique sur des pancartes, des t-shirts et des pin's, arborés par les militants à chaque meeting : son nom se prononce "boot, edge, edge" ("botte, bord, bord", en anglais).

Un enfant tient une pancarte en soutien à Pete Buttigieg, à Des Moines (Iowa), le 12 octobre 2019. (SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

2C'est le plus jeune candidat à la présidentielle américaine

Pete Buttigieg a fêté ses 38 ans le 19 janvier. Jamais un Américain aussi jeune n'a pris part à la course à la Maison Blanche : lorsqu'il a officialisé sa candidature, en avril 2019, il n'avait que deux ans de plus que l'âge minimum requis pour se présenter à la présidentielle. Le démocrate a, de fait, beaucoup moins d'expérience en politique que les "seniors" des primaires. Il n'a jamais exercé de mandat national mais a dirigé la quatrième plus grande ville d'Indiana (100 000 habitants), South Bend, entre 2015 et 2019.

Pete Buttigieg a toutefois transformé cette inexpérience en argument de sa campagne. Il rappelle ainsi que "chaque fois que [son] parti est entré à la Maison Blanche ces cinquante dernières années, cela s'est fait grâce à un candidat novice en politique nationale, axé sur le futur, non façonné par le mode de vie de Washington et ouvrant la voie à une nouvelle génération""C'est comme cela qu'on gagne", martèle-t-il.

3Il est le premier candidat ouvertement gay à briguer la Maison Blanche

S'il réussissait l'exploit de remporter les primaires puis le scrutin du 3 novembre, Pete Buttigieg deviendrait le premier président des Etats-Unis ouvertement homosexuel. L'ancien maire de South Bend s'est marié en 2018 avec un enseignant, Chasten, qui est aujourd'hui très impliqué dans sa campagne.

Pete Buttigieg n'a pas fait de son homosexualité un élément central de sa candidature, même s'il en parle publiquement, souligne CNN*. Il a toutefois régulièrement attaqué les positions ultraconservatrices du vice-président Mike Pence sur les droits LGBT+. Il a également déclaré que la décision de la Cour suprême de légaliser le mariage pour tous, en 2015, lui avait offert "la liberté la plus importante de sa vie".

4Vétéran et fervent chrétien, il défend un programme modéré

Pete Buttigieg a un profil pour le moins atypique. Polyglotte (il maîtrise sept langues), il a étudié dans les prestigieuses universités d'Harvard et d'Oxford, indique le New York Times*. Il est également vétéran de l'Afghanistan, où il a servi six mois en tant que lieutenant de réserve de la Navy, rappelle le Washington Post*. Fervent chrétien, "Mayor Pete" met régulièrement sa foi en avant pour séduire l'électorat conservateur, note Le Monde. Il a ainsi assuré que "Dieu n'appartient à aucun parti politique".

Je suis clairement le seul millenial vétéran, gaucher, américano-maltais, épiscopalien et gay de l'élection.

Pete Buttigieg

au "New York Times"

Cherchant à rallier les "futurs anciens républicains", Pete Buttigieg présente un programme modéré. Il soutient l'idée d'une assurance santé universelle, mais ne va pas jusqu'à proposer qu'elle soit intégralement financée par l'Etat fédéral, relève le Washington Post. Il s'oppose par ailleurs à la gratuité des frais universitaires.

Le démocrate est en revanche très engagé contre la crise climatique et soutient le projet d'un "Green New Deal", pour une économie plus verte. Il prône également une réforme du contrôle des armes à feu, une augmentation du nombre de juges à la Cour suprême et une plus grande reconnaissance des droits des personnes transgenres.

5Il est loin d'avoir remporté les primaires

Malgré des résultats très serrés, Pete Buttigieg démarre sa campagne sur une importante victoire symbolique dans l'Iowa. Mais ce petit Etat rural ne représente que 41 délégués sur les 1 991 nécessaires pour être investi par le Parti démocrate, lors de la convention nationale de juillet. Il lui faudra donc engranger d'autres victoires, dans de plus grands Etats, s'il veut être désigné candidat à la présidentielle.

Excellent orateur, "Mayor Pete" est apparu comme un "outsider crédible" face aux favoris (l'ancien vice-président Joe Biden, ainsi que les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren) lors des débats télévisés de l'automne. Il a également réussi à lever plus de 50 millions de dollars depuis le début de sa campagne, se classant en deuxième position derrière Sanders (61,5 millions), note le New York Times*.

Néanmoins, il pâtit toujours de son manque de notoriété. Il n'arrive qu'en cinquième position des sondages, avec 7% des intentions de vote en moyenne au niveau national, selon l'agrégateur du New York Times. Il ne bénéficie par ailleurs que d'un soutien très faible chez les électeurs afro-américains, "un électorat clé pour les démocrates", rappelle Challenges. Pour l'instant, Pete Buttigieg est donc encore loin de s'installer à la Maison Blanche.

* Tous les liens signalés par un astérisque renvoient vers des articles en anglais.

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