Etats-Unis : Donald Trump dévoile à son insu une partie de son accord avec le Mexique

Le président américain a brandi devant la presse ce document confidentiel, sans se rendre compte qu'il était lisible en filigrane grâce aux rayons du soleil.

Donald Trump parle avec des journalistes à la Maison Blanche, le 11 juin 2019.
Donald Trump parle avec des journalistes à la Maison Blanche, le 11 juin 2019. (JIM WATSON / AFP)

Brandir un papier devant la presse n'est pas la meilleure façon de garder son contenu secret. Donald Trump en a fait les frais, mardi 11 juin : assurant qu'une partie de l'accord sur l'immigration conclu avec le Mexique restait confidentielle, il a nargué les journalistes en exhibant une page du document, qu'ils se sont empressés de déchiffrer.

Le président américain a démenti les informations du New York Times, qui la veille avait minimisé la portée de cet accord, assurant que la plupart des mesures avaient été convenues lors de négociations antérieures. "Je ne sais pas où le Times est allé chercher son histoire", a rétorqué le milliardaire républicain qui avait déjà évoqué la veille une clause secrète "très puissante" aux mains des Etats-Unis.

Comme pour le prouver, il a sorti un papier blanc de sa veste lors d'un échange avec la presse. "Voici l'accord", a-t-il lancé, avant de se reprendre : "Non, je vais laisser Mexico le divulguer au bon moment."

Trahi par les rayons du soleil

Sauf que la feuille, éclairée par un soleil éclatant, est lisible sur les gros plans des photographes. Il y est mentionné que les Etats-Unis feront le point sur les progrès enregistrés à la frontière sud "45 jours calendaires après la signature de l'accord". Une disposition qui n'a rien de secret, le Mexique ayant déjà fait savoir que l'accord prévoyait un bilan après 45 jours.

Menacé de se voir imposer des droits de douane, Mexico s'est engagé vendredi soir à prendre plusieurs mesures pour freiner les migrants originaires d'Amérique centrale qui traversent son territoire avant d'entrer clandestinement aux Etats-Unis.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères est resté évasif sur ce qu'avait précisément accepté Mexico en cas de progrès insuffisants aux yeux des Américains après 45 jours. Si le flux de clandestins traversant le pays pour se rendre aux Etats-Unis n'est pas freiné d'ici là, l'accord pourra être revu, avec notamment une réforme de la législation mexicaine sur le droit d'asile, ont toutefois reconnu les autorités mexicaines.