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Présidentielle américaine : Noirs, homosexuels, musulmans... Ils s'inquiètent après la victoire de Trump

Le 45e président des Etats-Unis, élu à la surprise générale dans la nuit de mardi à mercredi, suscite un vent de panique chez les minorités qu'il a souvent stigmatisées au cours de sa campagne. 

Article rédigé par franceinfo - Margaux Duguet
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Des opposants hispaniques à Donald Trump manifestent devant la Maison Blanche à Washington dans la nuit de mardi 8 novembre à mercredi 9 novembre 2016.  (JOSHUA ROBERTS / REUTERS)

Ils ont massivement investi les réseaux sociaux. Pour exprimer leur dégoût, leur colère et leur déception de voir Donald Trump accéder à la plus haute fonction du pays : la présidence des Etats-Unis. Depuis les premiers résultats, tombés dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 novembre, les gays, les musulmans, les latinos mais aussi les femmes et les Noirs se réfugient sur Twitter pour exprimer leur incompréhension. 

"J'ai peur." Ce sentiment domine dans leurs messages face à la future présidence du milliardaire. Car ce dernier s'est fait connaître, entre autres, en multipliant les propos outranciers à l'égard des minorités. Franceinfo a interrogé certaines de ces personnes qui s'inquiètent pour leur avenir. 

Kadijah, 19 ans : "J'ai prévu de partir en Angleterre"

A 19 ans, Kadijah est très remontée après la victoire de Donald Trump. Cette New-Yorkaise, supportrice de Bernie Sanders, ne digère pas l'arrivée à la Maison Blanche du magnat de l'immobilier. Se décrivant dans un message sur Twitter comme une "fière lesbienne noire souffrant de problèmes de dépression", elle lâche un : "Va te faire voir Donald Trump"

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"J'ai maintenant un président qui hait les Noirs, les homosexuels et se moque des gens qui souffrent de maladies mentales, déplore cette lycéenne, avant de se montrer plus alarmiste. J'ai peur pour ma vie. Je pense que des émeutes vont éclater ou que des gens vont chercher à tuer Trump." 

Kadijah ne croit plus en son avenir américain. "J'ai prévu d'aller en Angleterre voir ma famille", annonce-t-elle. La jeune femme est persuadée que le nouveau président "va mettre l'Amérique à terre". "Il veut entrer en guerre avec nos alliés. Notre nation est à l'aube d'un bouleversement", conclut-elle. 

Alex, 17 ans : "Je suis gay et j'ai peur"

S'il n'a pas pu voter en raison de son âge, Alex, 17 ans, a suivi attentivement la campagne américaine et les résultats heure par heure. Ce lycéen du Wisconsin a publié sur Twitter un message poignant. "Je suis gay, écrit-il. Je voulais trouver l'amour mais même ça, ça va être compliqué pour moi maintenant puisque les homophobes vont se sentir encouragés par la victoire de Trump. J'ai peur."

Le jeune homme assure à franceinfo que sa vie va désormais être "plus dangereuse". Donald Trump affiche, en effet, des positions ambiguës concernant la communauté LGBT, rappelle Têtu, bien qu'il ait tenté, dans la dernière ligne droite avant l'élection, de faire passer un message d'apaisement.

"Les personnes remplies de haine vont sentir qu'elles ont le droit d'exprimer ce qu'elles pensent et de passer à l'action", craint-il. Selon lui, le risque est maintenant élevé de voir une augmentation des crimes homophobes couplée à une baisse des plaintes. Contrairement à Kadijah, Alex assure qu'il ne changera rien à ses rêves d'adulte. "Je sais que le meilleur moyen de faire face à toute cette haine est de continuer à faire ce qui me rend heureux, malgré eux", veut-il croire. 

Melisa, 27 ans : "En tant que musulmane, je suis terrifiée"

Depuis l'officialisation de la victoire de Donald Trump, Melisa ne peut pas s'empêcher de penser à son passé. Cette musulmane de Pennsylvanie, âgée de 27 ans, est arrivée de Bosnie en 1997 après que sa famille a obtenu le statut de réfugié. Son histoire fait écho à celle des immigrés que le nouveau président américain veut renvoyer chez eux. "En tant que femme, mais aussi immigrée, musulmane et américaine, j'ai vraiment peur", a-t-elle tweeté.

"Sa victoire va simplement valider les préjugés de certains Américains et renforcer les discours anti-musulmans et anti-immigrés", analyse-t-elle. Melisa reconnaît avoir de "la chance" parce qu'elle n'est pas "une musulmane visible". "Mais toutes celles qui portent le voile vont se sentir visées", glisse-t-elle. Cette assistante juridique n'a qu'un espoir : que les habits de président changent le Donald Trump candidat. "Il doit réaliser que les mots ont un sens. Qu'il ne peut pas juste déverser sa haine sans conséquence, prévient-elle. Il ne peut pas dire n'importe quoi et s'il n'arrive pas à se maîtriser et à être plus diplomate, alors on risque tous d'avoir de graves problèmes".

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