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Présidentielle américaine : Donald Trump nuance ses propos sur les musulmans

Le candidat républicain veut paraître plus crédible face à la démocrate Hillary Clinton, selon toute probabilité son adversaire principale dans la course à la Maison-Blanche.

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France Télévisions
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Le candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump s'exprime à Turnberry, en Ecosse (Royaume-Uni), le 24 juin 2016. (OLI SCARFF / AFP)

Sans se désavouer clairement, Donald Trump fait marche arrière sur sa proposition d'interdire aux musulmans étrangers l'accès aux Etats-Unis.

Plusieurs médias anglo-saxons, notamment le quotidien britannique The Guardian ainsi que les chaînes américaines NBC ou CNN ont noté que le discours du candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine est devenu un peu moins virulent ces derniers jours. Retour sur cette évolution sémantique :

7 décembre 2015 : il appelle à interdire l'entrée aux Etats-Unis des musulmans étrangers

Après le massacre de San Bernardino, en Californie (Etats-Unis), le 2 décembre 2015, où un couple ayant prêté allégeance à l'organisation Etat islamique a tué 14 personnes, Donald Trump suggère, le 7 décembre, une "fermeture totale" des frontières américaines aux musulmans étrangers. Le candidat appelle à "l'arrêt complet de l'entrée des musulmans aux Etats-Unis, jusqu'à ce que les représentants de notre pays comprennent ce qui se passe". D'où un tollé à l'étranger comme aux Etats-Unis, où CNN pose ouvertement la question : "Trump est-il fasciste ?"

Mais dans les sondages, le candidat creuse l'écart avec ses rivaux à la primaire républicaine. Le 4 mai 2016, tous ses adversaires ont abandonné : il est désormais le seul candidat républicain en lice pour la primaire.

13 juin 2016 : il appelle à suspendre l'immigration provenant de zones avec une "histoire de terrorisme"

Le lendemain de la fusillade d'Orlando, perpétrée dans une boîte gay, Donald Trump promet de "suspendre l'immigration en provenance de zones du monde où il y a une histoire éprouvée de terrorisme contre les Etats-Unis, l'Europe ou nos alliés, jusqu'à ce que nous comprenions totalement comment en finir avec ces menaces". 

Les observateurs notent que le magnat de l'immobilier semble durcir encore son programme prévoyant déjà de fortes restrictions à l'immigration. Mais ils remarquent aussi que le candidat à la présidentielle ne parle plus explicitement d'interdire aux musulmans étrangers l'entrée sur le territoire américain.

22 juin 2016 : il précise que des musulmans sont victimes de l'Etat islamique

Juste avant sa tournée en Ecosse (Royaume-Uni), le 22 juin, Donald Trump note que "l'Etat islamique menace aussi les musulmans pacifiques au Moyen-Orient et à travers le monde, musulmans qui sont les victimes de cette abominable brutalité et veulent juste élever leurs enfants en paix et en sécurité", rapporte la chaîne américaine NBC. Cette opposition entre les jihadistes de l'Etat islamique et les musulmans qui aspirent à une vie paisible est nouvelle dans le discours du milliardaire en campagne. 

25 juin 2016 : l'entrée aux Etats-Unis d'un "musulman écossais" ne le dérangerait pas 

En tournée en Ecosse, le candidat républicain est interrogé par des journalistes qui lui demandent s'il autoriserait un musulman écossais à rentrer aux Etats-Unis. "Cela ne me dérangerait pas", répond-il, selon ce journaliste de CNN : 

Questionné, le porte-parole de Donald Trump, Hope Hicks, "confirme" au journaliste de CNN Jeremy Diamond que "Donald Trump ne prône pas l'interdiction de tous les musulmans étrangers. Juste celle des musulmans venant d'Etats terroristes" (sic). 

En revanche, Donald Trump refuse de préciser quels pays sont à ses yeux "des Etats terroristes".

Lundi 27 juin : pour lui, pas question d'accueillir des réfugiés venant de Syrie

Interrogée par CNN sur les évolutions sémantiques du discours du candidat, sa porte-parole nationale, Katrina Pierson, reconnaît que "M. Trump va affiner sa stratégie". Pour la chaîne américaine, Donald Trump cherche désormais à apparaître comme un futur président crédible face à la démocrate Hillary Clinton.

Ce basculement s'est déjà traduit par le limogeage de son conseiller en communication Corey Lewandowski, partisan d'une ligne outrancière. Un revirement à nuancer : le 27 juin encore, dans une brève conversation avec NBC, l'homme d'affaires a réaffirmé qu'il voulait stopper "entièrement" l'entrée de tous les réfugiés provenant de Syrie. Précédemment, il avait assuré que tous les réfugiés de Syrie seraient renvoyés s'il était élu.

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