"Il semblait avoir vu un fantôme" : la nuit d'horreur de Donald Trump après son élection

Le livre du journaliste Michael Wolff révèle que Donald Trump ne souhaitait pas devenir président et a vécu comme un choc la nuit de sa victoire électorale. 

Donald Trump embrasse sa femme Melania, à New York (Etats-Unis), le soir de sa victoire électorale, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. 
Donald Trump embrasse sa femme Melania, à New York (Etats-Unis), le soir de sa victoire électorale, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016.  (MANDEL NGAN / AFP)

Donald Trump ne souhaitait pas gagner. C'est du moins ce que révèlent des extraits du livre Fire and Fury: Inside The Trump White House (Le Feu et la fureur: A l'intérieur de la Maison Blanche de Trump), signé Michael Wolff, journaliste au Hollywood Reporter, et dont des extraits ont été publiés dans le New York Magazine

C'est un livre que Donald Trump ne souhaitait pas voir publié. Sa sortie, prévue à l'origine mardi 9 janvier, a été avancée au vendredi 5 janvier, pour prévenir une offensive judiciaire des avocats du président, qui accuse le livre d'être un tissu "de mensonges".

Le livre, qui a été réalisé, selon son auteur, à la suite de plus de 200 entretiens, retrace la dynamique du candidat et de son entourage pendant la campagne présidentielle, et décrit en détail la nuit de l'élection. Cette victoire inattendue de Donald Trump a surpris le monde entier, mais aurait horrifié le premier concerné. Franceinfo retrace cette nuit où tout a basculé. 

Le choc de la victoire et les larmes de Melania Trump 

Peu après 20 heures le soir de l'élection, le 8 novembre 2016, la tendance des résultats s'inverse, et laisse pour la première fois entrevoir la possibilité d'une victoire de Donald Trump. C'est à ce moment-là que, selon Michael Wolff, le fils de Donald Trump, "Don" Jr., décrit à un ami que son père "semblait avoir vu un fantôme". Il rapporte aussi que Melania "était en larmes – et ce n'étaient pas des larmes de joie"

La directrice de campagne de Donald Trump, Kellyanne Conway, avait elle aussi décrit dans le magazine GQ un homme qui ne démontrait aucune joie vers 21 heures, alors que la tendance en sa faveur se confirmait : "De toutes les personnes réunies dans cette pièce, et certainement de l'équipe senior et de sa famille, il était le plus réservé et le moins autosatisfait", décrit-elle. 

Il faut dire que, selon Michael Wolff, Donald Trump ne s'attendait pas à gagner et ne voulait pas non plus devenir président. Quel que soit le résultat final, il avait déjà obtenu exactement ce qu'il cherchait en s'embarquant dans l'aventure électorale : davantage de notoriété pour faire reluire la marque Trump. "Je ne pense pas à la défaite, parce que ce n'est pas une défaite", aurait dit Donald Trump à son ami Roger Ailes, l'ancien directeur général de la chaîne Fox News, une semaine avant l'élection, en ajoutant : "On a totalement gagné".  

Preuve que Donald Trump n'était pas vraiment intéressé par le résultat final, il se serait montré particulièrement réticent à investir son argent dans sa propre campagne, malgré sa propension à se vanter d'être un businessman milliardaire. Alors que Steve Bannon aurait essayé d’inciter la famille Trump à injecter "une somme de 50 millions de dollars dans la campagne", écrit le journaliste, Trump aurait finalement seulement accordé un prêt de 10 millions de dollars (8,3 millions d’euros) à sa campagne, sous la condition qu’il puisse récupérer son argent dès qu’assez de financements auraient été récoltés. Le goût du risque a ses limites. 

La difficile transition au rôle de président 

Avant même le jour fatidique de l'élection, Donald Trump se préparait déjà à rejoindre la vie civile, laissant bruiter les rumeurs d'une future chaîne de télévision Trump, rapporte Michael Wolff. "Une fois qu’il aurait perdu, Trump serait devenu à la fois extrêmement célèbre et l’éternel martyr de cette véreuse Hillary. Sa fille Ivanka et son gendre, Jared Kushner, seraient des célébrités internationales", esquisse dans son livre le journaliste. 

Mais voilà, rien ne s'est passé comme prévu. Selon des propos de Steve Bannon rapportés dans le livre, "il y eut, en l'espace d'à peine plus d'une heure (...) la transformation d'un Trump confus en un Trump incrédule, et puis en un Trump horrifié. Mais la transformation finale devait encore venir : soudainement, Donald Trump est devenu un homme qui croyait mériter, et être complètement capable, d'être le président des Etats-Unis". Une aventure qui a déjà duré près d'un an, et dont Michael Wolff se délecte en décrivant, dans son livre, les coulisses chaotiques.