Frappes en Syrie : "Emmanuel Macron était contraint" selon Dominique de Villepin

L'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères est l'invité des 4 Vérités et évoque notamment la visite d'Emmanuel Macron aux Etats-Unis.

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France 2

"Emmanuel Macron est arrivé avec une ambition, qui est de faire revenir la diplomatie française à sa vocation, à la fois de médiation, d'indépendance et d'initiative", explique Dominique de Villepin au moment d'analyser la visite d'Emmanuel Macron aux Etats-Unis, l'un des principaux alliés de la France sur la scène internationale. "Les relations avec Donald Trump peuvent être pour la France un atout, à condition de pouvoir transformer l'essai, c'est-à-dire d'obtenir des évolutions et des infléchissements des positions américaines qui sont aujourd'hui une source d'instabilité", ajoute-t-il.

"Les choses n'évoluent pas forcément dans le bon sens"

Au sujet des frappes menées en Syrie par la coalition américano-franco-britannique, l'ancien Premier ministre juge qu'Emmanuel Macron était "contraint par les engagements qu'il avait pris". "Il y a fort à craindre que sur le terrain, les choses n'évoluent guère", ajoute Dominique de Villepin. Selon lui, le président de la République "est arrivé à un moment très valorisant sur la scène internationale, où le jeu changeait et où il pouvait apparaître comme l'un des recours [...] Malheureusement, les choses n'évoluent pas forcément dans le bon sens". Il estime en outre qu'être perçue comme "trop proche des Américains peut être handicapant pour la diplomatie française", notamment par rapport à des pays émergents comme la Chine.

Dominique de Villepin à Chongqing, en Chine, le 14 octobre 2016.
Dominique de Villepin à Chongqing, en Chine, le 14 octobre 2016. (CHEN BOYUAN / IMAGINECHINA / AFP)