Etats-Unis : pour sa première audition devant le Sénat, la juge nommée par Trump à la Cour suprême divise

Conscient d'avoir peu de levier pour empêcher le Sénat, à majorité républicaine, de confirmer Amy Coney Barrett, les démocrates ont utilisé cette tribune pour recentrer le débat sur la pandémie. 

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La juge américaine Amy Coney Barrett prête sermet devant le Sénat, lundi 12 octobre 2020.  (GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

"Cela va être une longue semaine de querelles". Le chef de la commission judiciaire du Sénat américain, le républicain Lindsey Graham, ne se fait pas d'illusion sur les quatre jours consacrés à l'examen par la chambre de la candidature d'Amy Coney Barrett. Lundi 12 octobre, la première audition de la juge nommée par Donald Trump à la Cour suprême s'est soldé par un dialogue de sourds entre des républicains admiratifs de cette "brillante" juriste et des démocrates fustigeant un calendrier "irresponsable" en pleine pandémie et "illégitime" si près des élections.    

La juge Barrett, 48 ans, a été choisie par le président républicain le 26 septembre pour succéder à l'icône féministe et progressiste Ruth Bader Ginsburg, décédée huit jours plus tôt des suites d'un cancer. A 22 jours du scrutin présidentiel, elle s'est présentée au Sénat, chargé par la Constitution d'avaliser sa nomination, un exercice considéré comme acquis compte-tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte.

Attaquée sur l'Obamacare 

La magistrate, catholique pratiquante, est très bien vue de la droite religieuse. Ainsi, sa foi, et sa grande famille -de sept enfants-, ont été louées par les républicains, au même titre que ses qualités de juriste.  

Dans l'enceinte du Sénat, les sénateurs démocrates ont quant à eux décidé de l'attaquer sur les critiques exprimées par la juge contre la loi de l'ex-président Barack Obama qui a étendu la couverture maladie de millions d'Américains, l'Obamacare. Alors que, dans un mois, la Cour suprême examinera un recours des républicains contre cette loi, ils ont tous donné l'exemple de bénéficiaires de cette loi. Grandes photos à l'appui, ils ont assuré que ces Américains malades seraient les grands perdants d'une Cour suprême remaniée.

Une audition "irresponsable", selon Kamala Harris 

Conscient d'avoir peu de levier pour empêcher le Sénat de confirmer Amy Coney Barrett, les démocrates ont également utilisé cette tribune pour recentrer le débat sur la pandémie, qui a fait plus de 210 000 morts aux Etats-Unis. La sénatrice Kamala Harris, colistière de Joe Biden, a ainsi fustigé l'attitude selon elle "irresponsable" de ses confrères républicains qui ont décidé d'organiser ces auditions bien que trois élus aient été dépistés positifs il y a une dizaine de jours.

Notant que plus de 50 personnes étaient réunies en intérieur pour de longues heures, la sénatrice, qui s'exprimait par vidéo, leur a reproché de "mettre en danger" le personnel du Congrès. "Le Sénat devrait plutôt avoir pour priorité un plan de sauvetage pour les familles" a ajouté Kamala Harris, jugeant "illégitime" un processus si près du scrutin.

Mais pour le sénateur républicain Lindsey Graham, "le Sénat effectue son devoir constitutionnel". Ce proche du président mise sur un vote en séance plénière la semaine prochaine.

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