Etats-Unis : le ministre de la Défense américain se désolidarise de Donald Trump en s'opposant au déploiement de l'armée face aux manifestants

"Je ne suis pas favorable à décréter l'état d'insurrection", a déclaré Mark Esper alors que le président américain avait annoncé lundi le déploiement de "milliers de soldats lourdement armés" pour mettre un terme "aux émeutes" et "aux pillages".

Donald Trump avec le procureur général William Barr (à gauche), le ministre de la Défense Mark Esper (au centre) et le chef d\'état-major américain, le général Mark Milley (à droite), se rendent à l\'église St. John\'s, à Washington (Etats-Unis), le 1er juin 2020. 
Donald Trump avec le procureur général William Barr (à gauche), le ministre de la Défense Mark Esper (au centre) et le chef d'état-major américain, le général Mark Milley (à droite), se rendent à l'église St. John's, à Washington (Etats-Unis), le 1er juin 2020.  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

Le ministre américain de la Défense Mark Esper s'est publiquement désolidarisé du président Donald Trump, mercredi 3 juin, en s'opposant au déploiement de l'armée américaine sur le territoire, théâtre de manifestations antiracistes après la mort de George Floyd

"Je ne suis pas favorable à décréter l'état d'insurrection", a déclaré Mark Esper en référence au seul décret qui permettrait légalement au président de déployer des soldats d'active face à des citoyens américains, et non plus des réservistes de la Garde nationale.

"L'option d'utiliser les soldats d'active ne devrait être employée qu'en dernier ressort et dans les situations les plus urgentes et les plus dramatiques. Nous ne sommes pas dans ce genre de situations aujourd'hui", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse organisée à la hâte au lendemain de vives critiques d'anciens et d'actuels militaires sur sa réponse à la crise.

Donald Trump avait annoncé le déploiement de "milliers de soldats" 

Le ministre de la Défense se montre ainsi en désaccord avec Donald Trump qui avait annoncé lundi d'un ton martial le déploiement de "milliers de soldats lourdement armés" et de policiers à Washington pour mettre un terme "aux émeutes" et "aux pillages".

Mardi soir encore, le Pentagone indiquait avoir pré-positionné "de multiples unités de soldats d'active de l'armée de Terre" aux alentours de la capitale américaine "à titre de prudence et pour pouvoir soutenir les autorités civiles".