Tweets de Trump, gilets jaunes, popularité : ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron sur TF1

Le chef de l'Etat a affirmé mercredi soir ne pas accorder beaucoup d'importance aux violentes critiques du président américain à son égard.

Emmanuel Macron répond aux questions de TF1, depuis le porte-avions \"Charles-de-Gaulle\", le 14 novembre 2018.
Emmanuel Macron répond aux questions de TF1, depuis le porte-avions "Charles-de-Gaulle", le 14 novembre 2018. (MAXPPP)

"Entre alliés on se doit le respect, et je ne veux pas entendre le reste." Voilà la réponse d'Emmanuel Macron aux critiques lancées sur Twitter par Donald Trump. Le président français, qui était interrogé mercredi 14 novembre sur TF1 depuis le porte-avions Charles de Gaulle, est également revenu sur l'actualité sociale, à trois jours des manifestations prévues par les "gilets jaunes". Franceinfo résume ce qu'il fallait retenir de cette interview.

"Entre alliés, on se doit le respect", lance-t-il à Donald Trump

"A chaque grand moment de notre histoire, nous avons été des alliés et entre alliés on se doit le respect", a déclaré Emmanuel Macron. "Je ne veux pas entendre le reste, je crois que ce que les Françaises et les Français attendent de moi, c'est de ne pas répondre à des tweets mais c'est de m'attacher justement à ce que nous continuions cette histoire importante", a-t-il ajouté.

A peine rentré de Paris, où il avait célébré la paix avec les autres dirigeants du monde, Donald Trump s'était vivement attaqué mardi à la France et à Emmanuel Macron, dont il a raillé la "très faible cote de popularité".

Interrogé sur TF1, Emmanuel Macron a refusé, mercredi 14 novembre, de commenter la série de tweets de Donald Trump, qui s'en était pris vertement au chef de l'Etat après les cérémonies du 11-Novembre à Paris. "A chaque grand moment de notre histoire, nous avons été des alliés et entre alliés on se doit le respect (..) Je ne veux pas entendre le reste", a-t-il déclaré depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle.

"Les Etats-Unis d'Amérique, c'est notre allié historique et il continuera de l'être", a poursuivi Emmanuel Macron. Il a ajouté qu'allié ne voulait pas dire "vassal", ce qui explique selon lui sa volonté de développer une défense européenne capable d'agir sans avoir besoin d'un soutien américain comme c'est le cas aujourd'hui.

"Méfiance" face au mouvement des gilets jaunes

Gare aux récupérations politiques, a mis en garde Emmanuel Macron à propos du mouvement des "gilets jaune", qui veulent bloquer le pays le 17 novembre. Le chef de l'Etat a assuré "entendre la colère" de ceux qui veulent manifester samedi contre l'augmentation du prix des carburants. "Respect et considération", a-t-il résumé. "Ensuite, je dis méfiance : parce qu'il y a beaucoup de gens qui veulent récupérer ce mouvement", a-t-il fait valoir.

En citant notamment La France insoumise et "une partie des socialistes", il a dénoncé ceux "qui sont en train de s'opposer à des choses qu'ils avaient eux-même voté". "Bonjour tristesse et salut la cohérence", a-t-il ironisé. "Quand vous avez ensemble des gens qui veulent plus d'emplois publics et des gens qui veulent moins d'impôts", en visant cette fois-ci les responsables de droite, "je dis juste aux Français, on est en train de vous mentir et vous manipuler".

L'échec d'une "réconciliation entre le peuple et ses dirigeants"

Le président de la République a également admis ne pas avoir "réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants", ajoutant que le pouvoir ne leur a "sans doute" pas assez apporté de "considération""Nos concitoyens aujourd'hui veulent trois choses : qu'on les considère, qu'on les protège, qu'on leur apporte des solutions. Pas des déclarations. Des solutions. La considération, on ne l'a sans doute pas assez apportée", a-t-il dit.

Le chef de l'Etat, au plus bas dans les sondages, a assuré vouloir "entendre les Français", "aller au plus près du terrain, peut-être décider d'une manière différente. Pas tout à Paris. En s'exposant davantage. En demandant à nos directions d'administrations centrales, aux ministres, à ceux qui les conseillent, d'aller se confronter au terrain beaucoup plus".

"Cette réconciliation entre la base et le sommet, je considère que je n'ai pas réussi à le faire, et c'est pour moi au cœur de ce qui m'attend dans les mois à venir (...) C'est un vaste programme, mais il requiert la mobilisation de toute la nation", a-t-il conclu.