"C'est très moche ce qui se passe en ce moment" : aux Etats-Unis, une fête nationale dans un climat de division

Les Américains célébraient samedi 4 juillet leur indépendance en pleine épidémie de coronavirus, et quelques semaines seulement après les manifestations qui ont embrasé le pays après la mort de George Floyd.

Des fumées rouges et bleues devant la Maison Blanche après le défilé aérien célébrant la fête nationale des États-Unis, le 4 juillet 2020.
Des fumées rouges et bleues devant la Maison Blanche après le défilé aérien célébrant la fête nationale des États-Unis, le 4 juillet 2020. (KEN CEDENO / MAXPPP)

Aux Etats-Unis, ce 4 juillet, pourtant jour de fête nationale, avait un goût amer. Certes des cérémonies étaient organisées à Washington, avec les traditionnels feux d'artifice. Et, pour la deuxième année consécutive, Donald Trump a organisé un hommage à l’Amérique, un peu inspiré du 14-Juillet français. Mais c'est surtout la teneur encore une fois très politique du discours du président américain qui a marqué les esprits. Depuis la pelouse sud de la Maison Blanche, les mots lancés à la foule sont peu rassembleurs, alors que le pays vient de traverser plus d’un mois de crise, marquée par la mort de George Floyd, les manifestations Black Lives Matter et les destructions de statues de généraux confédérés.

Nous allons vaincre ces gauchistes radicaux, les marxistes, les anarchistes, les agitateurs, et les émeutiersDonald Trump

Assis sur le Mall, la grande esplanade qui relie le capitole au mémorial de Lincoln, pour assister au feu d’artifice, Nick constate, désabusé : "Ce président ne veut pas l’égalité pour les noirs", avant d'affirmer qu'''en novembre, on votera pour quelqu’un mais certainement pas pour lui." A cause de l’épidémie de coronavirus, le nombre d’invités à la Maison Blanche a été réduit mais Donald Trump assure que l’économie va rebondir très vite. "Notre pays est en grande forme et l’année prochaine sera l’une des meilleures. Que Dieu bénisse l’Amérique… et maintenant place au défilé aérien." 

Sur l’immense pelouse du Mall, en short et chemise bleu blanc rouge avec imprimé dessus un Pygargue à tête blanche, le rapace emblème des Etats-Unis, voici Dustin, venu de Dallas, ville du Texas : "On est en train de s’en sortir chez nous au Texas, on rouvre, l’épidémie est derrière nous. Les gens sont prêts, enthousiastes. Ils veulent que ça rock and roll !" dit-il avec optimisme. Mais alors que les Américains célèbrent leurs 244 ans d’indépendance et de liberté, le pays parait plus divisé que jamais. "C’est tourmenté, très moche ce qui se passe en ce moment", dit Becky venue de Pennsylvanie.

J’espère qu’on aura bientôt un nouveau président qui saura nous réunirBecky venue de Pennsylvanieà franceinfo

Mais Brad, Californien et républicain, dit que Donald Trump gagnera le 3 novembre, porté par des millions d’Américains qu’il appelle "la majorité silencieuse". Les élections présidentielles et parlementaires sont dans 121 jours, soit un peu moins de quatre mois.