Ben Laden, Donald Trump ou sa nationalité... Barack Obama raconte son premier mandat à la Maison Blanche dans ses mémoires

Dans "Une terre promise", dont "Le journal du dimanche" publie les bonnes feuilles, l'ancien président américain revient sur les moments marquants de son premier mandat (entre 2008 et 2012). 

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L'ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, en Floride, lors d'un meeting de soutien à Joe Biden, le candidat démocrate à l'élection présidentielle, le 2 novembre 2020. (CHANDAN KHANNA / AFP)

A quoi ressemble le quotidien d'un président américain, entre polémiques, vie de famille et secret des opérations militaires ? Dans Une terre promise (Editions Fayard), premier tome de ses mémoires, Barack Obama revient sur les moments déterminants qui ont jalonné son premier mandat (2008-2012). Un ouvrage dont Le Journal du Dimanche publie les bonnes feuilles (article payant)

A l'occasion de la sortie de cet ouvrage, Barack Obama reviendra également sur son parcours lors d'une interview exclusive accordée à France 2 et diffusée mardi 17 novembre à partir de 20h35. 

La polémique sur sa nationalité américaine

Au printemps 2011, en pleine campagne pour sa réélection à la Maison Blanche, des rumeurs avancent que Barack Obama ne serait pas né aux Etats-Unis, mais dans la province de Mombasa, au Kenya. Cette thèse, participe à mettre en doute l'éligibilité de Barack Obama à la Maison Blanche, la Consitution américaine disposant que "nul ne pourra être élu président s'il n'est citoyen de naissance"L'un des principaux relais de cette théorie n'est autre que Donald Trump, qui n'est encore à cette époque qu'un magnat de l'immobilier. "Des émissions consacraient de longues plages à Trump et à ses théories", se souvient Barack Obama dans son livre.

"Finalement, j'ai décidé que j'en avais ma claque."

Barack Obama, ancien président des Etats-Unis

dans "Une terre promise"

Pour faire taire la rumeur, la Maison Blanche rend public le certificat de naissance de Barack Obama attestant d'une naissance à Hawaï. Mais certains, dont Donald Trump, continuent de considérer que le document est un faux. Alors, pour éteindre définitivement la polémique, Barack Obama, qui n'en avait jamais parlé publiquement, décide de s'exprimer sur le sujet, contre l'avis de ses conseillers. "C'est ainsi que, le 27 avril [2011], j'ai pris place sur l'estrade de la salle de presse de la Maison Blanche", raconte l'ancien président. "Nous n'allons pas réussir à régler nos problèmes si nous nous laissons distraire par des clowns et des bonimenteurs de foire", a-t-il lancé devant les journalistes. Quelques jours plus tard, "de mauvaise grâce, Donald Trump avait admis que j'étais bien né à Hawaï, tout en se félicitant de m'avoir obligé – au nom du peuple américain – à lever tous les doutes", écrit-il un peu plus loin.

L'ascension de Donald Trump dans le paysage politique

Le 1er mai 2011, quelques jours après la publication de son certificat de naissance, lors du traditionnel dîner annuel des correspondants à la Maison Blanche, le président américain s'amuse de cette polémique. Devant un parterre d'invités influents, dont fait partie Donald Trump, Barack Obama prend la parole : "Personne n'est plus heureux et plus fier que notre ami Donald de pouvoir tirer un trait sur cette histoire d'acte de naissance. Parce que, maintenant, il va pouvoir recommencer à se concentrer sur les vraies questions. Est-ce que nous sommes vraiment allés sur la Lune ?" "L'assistance riait aux éclats ; au milieu, Trump, muet, souriait jaune", rembobine Barack Obama. Mais au-delà de la plaisanterie, le président comprend, à travers l'ampleur de cette polémique, l'importance grandissante du milliardaire sur le plan politique.

"Loin d'être ostracisé à cause des conspirations qu'il avait colportées, Trump apparaissait au contraire plus influent que jamais."

Barack Obama

dans "Une terre promise"

"Ce dont j'étais sûr, c'est qu'il savait faire le spectacle, et que, en 2011, aux Etats-Unis, cela constituait en soi une forme de pouvoir. La monnaie avec laquelle commerçait Trump, quoique superficielle, semblait prendre chaque jour un peu plus de valeur", analyse Barack Obama. 

Le lancement de l'assaut contre Ben Laden, malgré les réticences de Joe Biden

Ses souvenirs du printemps 2011 sont aussi marqués par l'assaut au Pakistan contre Oussama Ben Laden, chef de l'organisation terroriste Al-Qaïda. L'ancien président raconte les préparatifs du raid des forces spéciales et les incertitudes autour de cette mission. Le doute planait alors sur la présence ou non de Ben Laden sur les lieux de l'assaut. "Je sais que nous nous efforçons d'être aussi précis que possible. Mais, au bout du compte, c'est du 50‑50. Avançons", a-t-il tranché face aux responsables de la CIA, le 28 avril, quelques jours avant le lancement de l'opération. Son vice-président, Joe Biden, n'était pas du même avis : "Joe s'est prononcé contre l'option du raid, au motif que le risque d'échec était trop élevé et que je ferais mieux d'attendre pour me décider que les services de renseignement aient confirmé que Ben Laden se trouvait dans le complexe."

"Comme chaque fois, depuis le début de ma présidence, qu'une décision importante se présentait, j'appréciais la capacité de Joe [Biden] à faire un pas de côté et à poser les questions qui fâchent."

Barack Obama

dans "Une terre promise"

Le 2 mai 2011, l'assaut est finalement lancé. Après avoir abandonné sa partie de cartes, pour tromper sa nervosité, le président américain regagne la salle de crise de la Maison Blanche. "Pour la première et unique fois de ma présidence, j'assistais à une opération militaire en temps réel", raconte-t-il. Autour du chef de l'Etat, le vice-président Joe Biden, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, et "l'essentiel de l'équipe de sécurité nationale" sont réunis. "Lorsque les hélicoptères sont arrivés au-dessus de la cible, je me suis levé de ma chaise et j'ai dit : 'Il faut que je voie ça'", se remémore Barack Obama. Après plusieurs minutes, les forces spéciales abattent Oussama Ben Laden, dont "il s'agissait sans erreur possible" "On l'a eu", a alors soufflé le président dans la salle de crise.

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