"Beaucoup perdent espoir" : les États-Unis annonce avoir intercépté près d'un million de migrants à la frontière avec le Mexique

Le gouvernement américain a annoncé que les opérations à la frontière sud-ouest ont fortement augmenté ces douze derniers mois. 

Des migrants sud-américains escaladent un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. 
Des migrants sud-américains escaladent un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.  (ARIANA DREHSLER / MAXPPP)

Le gouvernement américain a annoncé mardi 8 octobre avoir intercepté près d’un million de migrants à sa frontière sud au cours des douze derniers mois. La plupart de ces migrants viennent d'Amérique centrale et se retrouvent bloqués à Ciudad Juárez, au Mexique, l'un des points d'entrée vers les États-Unis. Pendant ce temps, Donald Trump multiplie les invectives contre ces étrangers.  

À Ciudad Juárez, il y a 15 000 candidats à l’asile aux États-Unis. Les autorités de l'autre côté de la frontière affirment qu’elles sont saturées, qu’elles ne peuvent pas les accueillir, et que c’est au Mexique de le faire. Luis Guerra, représentant de l’organisation Clinic, qui défend les droits des migrants, estime que toutes les restrictions imposées par Donald Trump s’inscrivent dans un calcul politique, pour exacerber la crise à la frontière. "Une personne qui fuit pour sauver sa vie ne peut pas attendre pendant des mois à un poste-frontière", juge-t-il.

Beaucoup de gens perdent espoir et traversent de manière irrégulière. Ce sont les images que le gouvernement veut montrer pour proclamer qu’il y a une invasion.Luis Gerraà franceinfo

Selon Luis Gerra, les États-Unis "bloquent la seule voie d’accès légale, pour pouvoir dire : 'regardez, les migrants passent de l’autre côté'. Mais ils n'ont pas le choix assure le représentant de l'organisation Clinic car "la porte est fermée". D'après lui, la rhétorique de l’invasion permet à Trump de défendre son projet de mur sur la frontière, qu’il veut faire financer par le Mexique.

Soumis à la menace d’une guerre commerciale, le gouvernement mexicain a déployé des militaires pour intercepter les migrants. A partir de cette semaine, la pression s’intensifiera encore : ceux qui ont traversé le Mexique sans y avoir demandé l’asile seront immédiatement renvoyés par la patrouille frontalière. Cette mesure a été ordonnée par Donald Trump et validée par la Cour suprême.

Les États-Unis annonce avoir intercepté près d'un million de migrants à la frontière avec le Mexique - Le reportage d'Emmanuelle Steels
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