Midterms 2018 : vus du Mexique, les signaux de Donald Trump contre les migrants ne changent rien à leurs projets

Le président des États-Unis tente de faire des migrants un enjeu essentiel pour le vote de mi-mandat. Ce qui ne fait pas renoncer, ceux qui s'apprêtent à franchir la frontière avec le Mexique, comme l'a constaté franceinfo.  

Des migrants d\'Amérique centrale à Ciudad Juarez, au Mexique, à la frontière américaine, le 30 octobre 2018.
Des migrants d'Amérique centrale à Ciudad Juarez, au Mexique, à la frontière américaine, le 30 octobre 2018. (AFP)

À l'approche des élections de mi-mandat aux États-Unis du 6 novembre, Donald Trump agite le chiffon rouge et avertit les électeurs que les démocrates veulent laisser passer "les clandestins avant les citoyens américains". Des mots qui ne changent rien aux projet des migrants de toute l'Amérique latine. A Ciudad Juarez, au Mexique, près de la frontière, is sont accueillis à la Maison des migrants, la "Casa del migrante". 

Migrants à Ciudad Juarez (Mexique), en novembre 2018.
Migrants à Ciudad Juarez (Mexique), en novembre 2018. (GAÊLE JOLY / RADIO FRANCE)

Les pieds sont écorchés, les regards fatigués, mais ils sourient enfin. Après un long périple, ils peuvent se reposer quelques jours, en sécurité, avant de filer sur la frontière à quelques kilomètres. Peu importe si Donald Trump a positionné ses troupes, Mario, venu du Guatemala, passera aux États-Unis. "Tous les présidents sont comme ça. Ils veulent bien qu'on vienne dans leur pays, mais de manière légale. Sauf que c'est notre situation économique et celle de notre pays qui nous poussent à faire tout ça, explique ce père de famille. Ce qui compte par dessus tout, c’est l’éducation des enfants. Moi, je n'ai pas les moyens pour l’instant de leur payer des études." Mario compte traverser la frontière, même si des militaires sont présents. 

La nécessité nous oblige à faire ces choses, y compris à risquer notre vie.Mario, migrant guatémaltèqueà franceinfo

Efraim explique avoir atteri ici après avoir été arrêté, puis expulsé des États-Unis. Cela faisait 27 ans qu’il vivait là-bas, clandestinement dans un petit village de l’Idaho, entouré de sa famille. Pour lui, l’arrivée de Trump a profondément modifié l'ambiance. "Ce n'est pas vrai ce qu'il dit, que nous sommes des délinquants ou des narcotrafiquants... On cherche juste un avenir meilleur. C'est déjà difficile et ça l'est encore plus avec ce président qui ne veut pas de nous chez lui", déplore-t-il. 

Pour Blanca Alicia Rivera, l’administratrice de la Maison des migrants, faire de l’immigration l’enjeu de ces midterms relève d'une arme politique hypocrite. "On sait tous que Trump ne dit rien d’agréable sur la migration et en particulier celle des Mexicains, affirme-t-elle. Il se croit affecté par l’arrivée des migrants, mais si on prend un peu de recul, on peut dire qu'il vit de la migration."

La Maison des migrants, à Ciudad Juarez, au Mexique, le 3 novembre 2018.
La Maison des migrants, à Ciudad Juarez, au Mexique, le 3 novembre 2018. (GAELE JOLY / RADIO FRANCE)

Pour Blanca Alicia Rivera, peu importe les résultats de ces midterms. L'ONG pour laquelle elle œuvre se concentre surtout sur l’arrivée, peut-être ici, dans quelques  semaines, de la caravane des migrants. Des lits supplémentaires ont déjà été réquisitionnés. 

Aux côtés des migrants, prêts à passer aux Etats-Unis - un reportage au Mexique , à Ciudad Juarez, de Gaële Joly et Benjamin Chauvin
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