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Mexique: Donald Trump pourra-t-il réaliser sa grande muraille?

Article rédigé par Géopolis FTV
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Lors de sa campagne, Donald Trump a déclaré vouloir construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine, les trafics de drogue et d’armes. Un projet déjà amorcé par l’ancien président George W.Bush.

En octobre 2006, le gouvernement de George W.Bush signe le Secure Fence Act, une loi autorisant la construction d'un mur de 1.200 kilomètres. Cette barrière entre les deux pays doit pouvoir endiguer le flux des migrants dans les parties les plus poreuses de la frontière: la Californie, le Texas et le désert d’Arizona, véritable cimetière pour les candidats mexicains à l’exode.

Alors que seule la moitié de la population américaine soutient ce projet, deux ans plus tard, elle s’établit à près de 70%. Le coût estimé à deux milliards de dollars s’élèvera au final à cinq voire dix fois plus.

Aujourd’hui, le nouvel hôte de la Maison Blanche veut aller plus loin et construire sa grande muraille. Pensant au départ la faire courir le long des 3.200 kilomètres que compte la frontière, de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique, il a déclaré que seule la moitié suffirait car à certains endroits les reliefs feraient office de barrière naturelle.

Les experts estiment à 26 milliards de dollars le montant d’un tel projet, loin des 4 à 10 annoncés par le magnat de l’immobilier. Ce dernier veut faire entièrement financer ce projet par son voisin du Sud.

Ces hautes clôtures de béton, de métal et de barbelés, ne font pas l’unanimité. Pour la police des frontières, cela ne règle pas le problème: « Ils passent partout, à toute heure et quels que soient les obstacles (…).  L’idée de Donald Trump de construire un mur est un non-sens. La seule chose que cela provoquera, c’est un déplacement des routes migratoires, rien de plus», relate Le Monde (lien payant).

D’autre part, comme l’explique Le Figaro, un autre problème majeur risque de surgir… «La loi prohibe de construire le long du Rio Grande pour des raisons de partage des ressources et de gestion des crues. Le mur devra donc être édifié loin de la berge, mais alors certaines villes américaines sur le Rio Grande pourraient se retrouver... du côté mexicain! A noter également qu’un traité interdit aussi bien au Mexique qu’aux Etats-Unis de dévier les cours d’eau environnants. Par conséquent, le mur sera censé réaliser l’impossible: laisser passer les flux aqueux en bloquant les flux humains...»

Chaque année, entre 200.000 et 500. 000 Centraméricains essayent de rejoindre le pays de l’Oncle Sam. En 20 ans, 10.000 migrants sont morts en tentant de passer la frontière.

des familles séparées discutent des deux côtés de la frontière. (REUTERS/Stringer)
les candidats à l’exode n’hésitent pas à construire des tunnels. (REUTERS / Mike Blake)
des artistes ont peint ce slogan politique sur la clôture à l’adresse du président américain: «Monsieur Obama, abattez ce mur.» (REUTERS / Sandy Huffaker )
du côté américain, de jeunes Mexicains essayent d’entrevoir le Pape qui a célébré à moins de cent mètres des grillages de la frontière mexicaine une messe géante pour promouvoir les droits des migrants. (REUTERS/Jose Luis Gonzalez)
dans l’Etat américain du Nouveau-Mexique face à la ville frontalière mexicaine de Ciudad Juarez minée par la pauvreté, la drogue et les meurtres de femmes. (Reuters / Jose Luis Gonzalez)
dans le lit du fleuve Rio Bravo organisée par des associations humanitaires… (REUTERS/Jose Luis Gonzalez)
une œuvre symbolisant le nombre de migrants morts en voulant passer aux Etats-Unis. (REUTERS/Carlos Barria)

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