Reportage La visite de Joe Biden en Cisjordanie passe (presque) inaperçue chez ces Palestiniens

Le président américain continue sa visite au Proche-Orient. Après avoir rencontré les responsables israéliens, Joe Biden ira à Bethléem vendredi 15 juillet, pour s'entretenir avec le président palestinien Mahmoud Abbas. À Ramallah, sa venue laisse de marbre un partie des Palestiniens.

Article rédigé par
Alice Froussard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des Palestiniens au marché de la ville de Ramallah, le 1er mai 2022 (ISSAM RIMAWI / ANADOLU AGENCY)

"La visite de Biden n’apporte vraiment rien de bon", estime Dimitri Diliani, membre du conseil révolutionnaire du Fatah. À Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, personne ne parle de la visite du président américain à l'occasion de sa tournée au Proche-Orient. Après un accueil chaleureux à l'aéroport Ben Gourion, mercredi, une démonstration des technologies de l'armée israélienne et une visite à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, le président américain multiplie, ce jeudi, les échanges avec des dirigeants israéliens et devrait endosser une "déclaration" scellant la coopération des États-Unis et d'Israël face à l'Iran.

Vendredi, Joe Biden rencontrera le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et pourrait apporter "une aide significative" pour les hôpitaux de Jérusalem-Est, et un projet de développement d'un réseau 4G tant en Cisjordanie occupée qu'à Gaza. Un soutien économique "qui ne remplace pas le besoin d'un horizon politique" a ajouté le président américain.

>> "Donald Trump, lui, a montré qu'il aimait beaucoup Israël" : dans les colonies, la visite de Joe Biden ne soulève pas l'enthousiasme

L’Autorité palestinienne a déjà présenté cinq requêtes au président américain : le rétablissement d’un horizon politique entre Israël et les Palestiniens, réouverture d'un consulat américain à Jérusalem-Est, exercer une pression américaine sur le gouvernement israélien pour qu'il mette fin à "l'escalade" contre les Palestiniens, rétablir l'aide financière américaine à l'Autorité palestinienne, retirer l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de la liste des organisations terroristes et rouvrir la mission diplomatique de l'organisation à Washington. 

Mais les Palestiniens n'attendent pas grand chose de cette visite. Rares sont ceux qui s’y intéressent, car la frustration persiste. Les discours américains à l'égard des Palestiniens se ressemblent, années après années. Dimitri Diliani du conseil révolutionnaire dénonce ainsi les "déclarations bien trop optimistes et irréalistes qu’ont fait l’Autorité palestinienne, impuissante et sans espoir". Une "liste de vœux", selon lui.

Une visite trop courte

Dimitri Diliani demande des actes : "Ces problèmes sont des obstacles majeurs à la paix. Ils nécessitent au moins quatre ou cinq jours de discussions continues." Ils sont nombreux ceux qui, comme lui, ne voient en Joe Biden qu'un soutien d'Israël, quelqu'un qui ne fera que consolider le statu quo - l’occupation.

"Son objectif est clairement d'essayer de créer une alliance militaire et de renseignement entre Israël et certains pays arabes au détriment des Palestiniens", s'agace Mustafa Barghouti, cofondateur de l'Initiative nationale palestinienne. Et s'il y a bien quelque chose qui ne passe pas auprès des Palestiniens, c'est l'aide militaire américaine à l'armée israélienne : Washington y octroie quatre milliards de dollars chaque année. Une phrase revien souvent : Biden "n'offre que des miettes de pain à certains Palestiniens."

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