Etats-Unis: le KKK regonflé par l'arrivée de Trump et Bannon à la Maison Blanche

L’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump et de son conseiller, le nationaliste Steve Bannon, remporte l’adhésion de groupes suprémacistes blancs. Selon une étude, le nombre de milices locales et de groupes incitant à la haine envers les minorités noires, hispaniques, juives ou musulmanes et homosexuelles était remonté en 2015, pour la 1re fois en 4 ans aux USA. Le KKK en faisait partie...

Membres du Ku Klux Klan coiffés de leur capuche. Illustration d\'Alessandro Lonati.
Membres du Ku Klux Klan coiffés de leur capuche. Illustration d'Alessandro Lonati. (Illustration Alessandro Lonati / Leemage)

Selon le Southern Poverty Law Center, qui documente depuis le début des années 70 les violences raciales et communautaires aux Etats-Unis, les groupes incitant à la haine par peur du déclin de la majorité blanche sont passés de 784 à 892 entre 2014 et 2015. Ils s’établissaient à 1.018 en 2011.

Mark Potok, l'auteur du rapport annuel sur la violence politique aux Etats-Unis explique cette hausse: «Ces gens sont en colère en raison de la fin à venir d'une majorité blanche  (prévue en 2043 par le bureau de recensement), du déclin de la classe ouvrière blanche, des inégalités croissantes de revenus, la montée de mouvements de gauche comme Black Lives Matter (qui ne sont pas anti-Blancs, NDLR), les avancées des homosexuels, lesbiennes et transgenres, ainsi que le nombre croissant de réfugiés et de travailleurs sans-papiers.»

Sans abri de Liverpool, dans l\'Ohio, le 24 octobre 2016. 
Sans abri de Liverpool, dans l'Ohio, le 24 octobre 2016.  ( Spencer Platt / Getty Images / AFP)

Et Mark Potok d’ajouter: «Le gros de cette colère vient de la classe moyenne en difficulté et, dans une moindre mesure, de la classe moyenne blanche, en particulier de la frange la moins éduquée, celle qui soutient à grands cris Trump.»

Fin février, Donald Trump, en campagne pour l'investiture républicaine, avait affirmé ne pas connaître le Ku Klux Klan et son ancien leader David Duke. Lequel lui avait apporté son soutien, réitéré en août 2016. Ce à quoi certains médias lui avaient rappelé que son père, Fred Trump, avait été arrêté dans le Queens à proximité d’une manifestation du groupe suprémaciste blanc. Il avait été cependant relaxé, précise le site Boing Boing, qui reprend l’article du New York Times publié le 1er juin 1927.

David Duke soutient Donald Trump

Des confédérés à l'origine de la création du Klan
Le Ku Klux Klan a été fondé le 24 décembre 1865 après la guerre de Sécession par six anciens soldats confédérés dans les Etats du sud des Etats-Unis ruinés et mis à sac par les Nordistes. Son but: mettre en place un système ségrégationniste et empêcher les Noirs de faire usage de leurs droits civiques. Par extension, le KKK s’en prendra également aux juifs, aux immigrants et aux homosexuels. Interdit en 1877, le mouvement renaîtra de ses cendres en 1915.

Très organisée, l’organisation était décrite à cette date comme violente, associée à des lynchages et au nationalisme blanc, aux robes et capuches blanches fantomatiques utilisées pour cacher l’identité et faire peur. A son apogée, au milieu des années 20, elle accueillait quelque 6 millions de membres, selon le Southern Poverty Law Center.

Affaibli dans les années 70, le KKK a pu renaître grâce au climat de peur qui a suivi les attentats du 11-Septembre, l’afflux de migrants dans les années 2000 et l’élection de Barack Obama en 2008 à la tête des Etats-Unis. En 2015, le groupe comptait quelque 8000 membres, appartenant à toutes les catégories socio-professionnelles.

Les néo-nazis (Mouvement national socialiste) américains participent à une manifestation du Ku Klux Klan, le 18 juillet 2015 à Columbia, en Caroline du Sud. 
Les néo-nazis (Mouvement national socialiste) américains participent à une manifestation du Ku Klux Klan, le 18 juillet 2015 à Columbia, en Caroline du Sud.  ( John Moore / Getty Images / AFP)

L'émergence de ces groupes varie en fonction de la situation du pays
Force est de constater que leur nombre augmente ou diminue en fonction de la situation du pays. Les émeutes de Ferguson (Missouri) en août 2014 après la mort d’un jeune Noir désarmé tué par un policier blanc (l’enquête avait pointé le racisme ordinaire, selon franceinfo), avait fait remonter les effectifs. Les bavures policières fatales à de jeunes Noirs avaient également fait bondir de 59% l’émergence de groupuscules de Noirs aux discours anti-Blancs, voire anti-juifs, de 113 à 180 en un an.

Aujourd’hui, Steve Bannon, patron du site d'extrême-droite Breitbart, nommé haut conseiller à la Maison Blanche par Donald Trump, fait l’unanimité parmi les membres du Klan. Il a d’ailleurs été félicité par David Duke. «Que Dieu bénisse Donald Trump», a posté l'ancien dirigeant du KKK sur son compte twitter. «Il est temps de faire les bonnes choses, il est temps de rendre aux Etats-Unis leur place.»


Le Ku Klux Klan et les groupes d’extrême droite suprémacistes blancs, ont été séduits par Donald Trump. En cause, selon l’Express, «ses positions iconoclastes, mais aussi son style outrancier et sexiste qui divise son propre parti».

Le nouveau président américain fera-t-il taire ses soutiens? Pour l’heure, depuis son élection, «la violence et l'expression racistes, xénophobes, antisémites et homophobes se sont libérées. Et la nomination de Steve Bannon au poste de haut conseiller à la Maison Blanche a fait sortir du bois les organisations racistes les plus radicales du pays», conclut le journal.

Un homme qui a des liens importants avec suprématie blanche fait maintenant partie de la Maison Blanche de Donald Trump