Donald Trump, un vocabulaire pauvre et simple compris par le plus grand nombre

La victoire de Donald Trump, le magnat de l'immobilier, semble en avoir pris de court plus d'un(e). Comment un homme qui a mené une campagne émaillée de gaffes et de grossièretés et «affligé» d'un vocabulaire très pauvre a-t-il pu rallier les suffrages de ses concitoyens? Mais n'est ce pas justement ce vocabulaire simple et peu étendu qui a contribué à le faire élire?

Donald Trump et son fils Barron au matin de sa victoire, le mercredi 9 novembre 2016.
Donald Trump et son fils Barron au matin de sa victoire, le mercredi 9 novembre 2016. (TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Good, bad et great (bons, méchants et génial)... des mots courts, simples mais aussi percutants voire outranciers ou provocateurs. Qui au cours de la campagne américaine n'a pas brocardé les propos souvent exagérés du représentant républicain? La presse américaine s'en est largement fait l'écho.

Le verdict du test
Plus que sa violence, ce qui frappe c'est la pauvreté de son vocabulaire, attestée scientifiquement. En effet, les discours des candidats à la primaire républicaine ont été passés au crible d'un test conçu pour la marine américaine et du nom de ses concepteurs, le test Flesch-Kincaid. Une méthode qui permet de déterminer la complexité d'un texte écrit en anglais, en fonction de la longueur de ses phrases et du nombre de syllabes dans les mots utilisés. Plus précisément, ce sont les introductions et conclusions de ces discours qui y ont été soumises. Résultat: c'est Donald Trump qui a le langage le plus pauvre avec un discours que des enfants de 9-10 ans auraient pu comprendre. Très peu de mots de plus de trois syllabes. Une multitude de répétitions de mots courts qui appuient et renforcent le propos.

Stupide ?
Ce qui permet à certains de se moquer de ce niveau consternant. Et les journalistes ou ses adversaires démocrates de dresser des listes de ses impairs, de ricaner. Les humoristes des shows nocturnes de se gausser à l'unisson, sur la simplicité ô combien ridicule de cette façon de parler. 

Ou très malin ?
Mais Matthew Baum, professeur de communication à l'école d'administration Harvard Kennedy School, ne l'analyse pas du tout comme cela. Pour lui, «une certaine frange d'Américains associent la simplicité à l'honnêteté. Ils ne croient plus aux discours trop élaborés, ils les jugent trompeurs.» Trump, tout milliardaire qu'il est, avec ses mots accessibles et compréhensibles reste proche de tout un électorat qui se sent exclu par un vocabulaire trop recherché et complexe. Pas de quoi rire. «Donald Trump tente de rassurer son auditoire, en touchant nos instincts politiques primaires. Il répète des mots simples», explique Peter Lawler, professeur de sciences politiques à l'université Berry College, et auteur d'un livre sur la rhétorique politique américaine. 

Réalité de son vocabulaire ou calcul électoral? L'avenir nous le dira rien qu'en l'écoutant, ce qui arrivera souvent maintenant qu'il est élu président pour quatre ans...