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Crise des opiacés aux États-Unis : pour la première fois, un laboratoire pharmaceutique sur le banc des accusés

Le laboratoire Johnson & Johnson est poursuivi pour avoir poussé les médecins à prescrire, voire à surprescrire des médicaments anti-douleur.

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Radio France
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Une bouteille de 500 ml d'oxycodone liquide, un antalgique opioïde. (EVA HAMBACH / AFP)

Aux États-Unis, le procès du laboratoire Johnson & Johnson, accusé par l'État d'Oklahoma d'être responsable de la crise des opiacés, débute mardi 28 mai. Cette crise sanitaire a pris une telle ampleur que des millions d’Américains sont devenus dépendants aux analgésiques. En 2017, l'espérance de vie aux États-Unis a diminué à cause des overdoses liées aux opiacés, provoquant la mort d’un peu plus de 70 000 personnes. L’Oklahoma est l’un des États les plus touchés.

Dans cet État du Midwest, les overdoses liées à la consommation d’opiacés font désormais plus de morts que les accidents de la route. En 2012, année record, les médecins d’Oklahoma prescrivaient plus d’analgésiques qu’il n’y avait d’habitants dans cet État. Les autorités locales ont décidé de se retourner contre les laboratoires pharmaceutiques. "Depuis 2004, plus de 10 000 habitants sont morts d’overdose, a déclaré Mike Hunter, le procureur général d’Oklahoma. Et l’an dernier, près de 50% de ces overdoses ont été causées par la prise de médicaments opiacés."

Des procès à venir dans une trentaine d'autres États

La crise sanitaire a débuté à la fin des années 2000. Les laboratoires pharmaceutiques et leurs services marketing ont incité les médecins à prescrire tel ou tel analgésique pour la moindre douleur. Le docteur John Aldis, qu’on avait rencontré l’an passé dans un autre État frappé, la Virginie Occidentale, se souvient très bien de cette époque.

"Autour de moi, tout le monde mourait, raconte le médecin. À chaque fois, leur addiction avait commencé avec quelques pilules mais en vérité ce qui se cachait derrière tout ça, c’est l’argent." Aujourd’hui, le laboratoire Johnson & Johnson se retrouve sur le banc des accusés. Deux autres laboratoires échappent au procès grâce à des accords financiers de dernière minute. Le laboratoire Teva paiera 85 millions de dollars à l’État d’Oklahoma, tandis que Purdue Pharma en paiera 270 millions. Mais dans une trentaine d’autres États américains, près de 2 000 plaintes ont été déposées contre ces laboratoires pharmaceutiques.    

Le reportage de Grégory Philipps, envoyé spécial permanent aux Etats-Unis
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