Etats-Unis : la justice américaine suspend l'autorisation d'imprimer des armes en 3D

Les plans de fabrication devaient normalement être en libre accès à partir de mercredi. Ils auraient permis à n'importe quel Américain d'imprimer des armes intraçables et indétectables.

L\'ingénieur américain Travis Lerol teste son arme à feu en 3D, le 11 juillet 2013, à Hanover (Maryland, Etats-Unis).
L'ingénieur américain Travis Lerol teste son arme à feu en 3D, le 11 juillet 2013, à Hanover (Maryland, Etats-Unis). (ROBERT MACPHERSON / AFP)

Il s'en est fallu de peu. Saisie en urgence, la justice américaine a temporairement suspendu, mardi 31 juillet, la mise en ligne de plans numériques permettant de fabriquer des armes à l'aide d'une imprimante 3D. Ces plans devaient officiellement être en accès libre à partir du mercredi 1er août. Une nouvelle audience est fixée dans dix jours (le 10 août). 

L'objet a beau être en plastique, il fonctionne comme une arme bien réelle. Il est potentiellement intraçable et indétectable par les détecteurs de métaux. "L'âge des armes téléchargeables commence réellement", promet le groupe Defense Distributed.

L'arrivée de ces armes inquiète une partie de la classe politique américaine. "Il est simplement fou de donner aux criminels les outils pour imprimer en 3D des armes intraçables et indétectables rien qu'en appuyant sur un bouton", s'est insurgée Barbara Underwood, procureure de l'Etat de New York, qui s'est jointe à la procédure devant la justice. 

"Cela ne semble pas faire grand sens"

Plus surprenant, Donald Trump lui-même a semblé s'opposer à ce nouveau moyen de s'armer. "Je me penche sur cette affaire d'armes en plastique en 3D vendues au grand public. J'ai déjà parlé à la NRA, cela ne semble pas faire grand sens", a-t-il indiqué sur Twitter.

Un porte-parole de la Maison Blanche a également affirmé qu'il était "actuellement illégal de posséder ou de fabriquer une arme à feu en plastique quelle qu'elle soit, y compris celles fabriquées par une imprimante 3D". De son côté, la NRA ne s'est pas encore exprimée sur le sujet. Mais le principal lobby pro-armes ne devrait pas voir d'un bon oeil l'arrivée de cette concurrence.

En attendant, Cody Wilson, l'inventeur de ces armes à feu en 3D, ne compte pas se laisser faire. "J'ai l'intention d'aller devant la justice, a-t-il déclaré à Wired (article en anglais). Les Américains ont le droit incontestable de partager cette information."