Ce que l'on sait d'Inspiration4, la première mission spatiale 100% touristique de SpaceX, qui a décollé de Floride

Pour la première fois, aucun astronaute professionnel ne fera partie de la mission spatiale organisée par l'entreprise d'Elon Musk.

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France Télévisions
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Le milliardaire Jared Isaacman devant la fusée SpaceX, le 2 février 2021, en Californie (Etats-Unis). (PATRICK T. FALLON / AFP)

Le tourisme spatial passe un nouveau cap. La société d'Elon Musk, SpaceX, a envoyé quatre passagers pour trois jours dans l'espace, mercredi 15 septembre. Le décollage a eu lieu depuis la Floride. Il s'agit de la première mission à n'envoyer en orbite autour de la Terre que des complets novices, sans astronaute professionnel à bord. Voici ce qu'il faut savoir de la mission Inspiration4.

Trois jours dans l'espace au programme

Certains partent en week-end en Normandie. D'autres se rendent désormais trois jours dans l'espace. C'est en tout cas le programme de la mission Inspiration4. Le décollage s'est déroulé sans encombre mercredi 15 septembre, à 20h02 heures (jeudi à 2 heures du matin dans l'Hexagone) depuis la Floride.

Les passagers ont décollé depuis la mythique aire de lancement 39A, au Kennedy Center de la Nasa, en Floride, d'où décollaient les missions Apollo vers la Lune. Ils ont embarqué dans une fusée Falcon 9 et séjourneront ensuite dans la capsule Dragon pendant trois jours. Autant dire que la mission n'a rien à voir avec l'expérience de quelques minutes proposée par Virgin Galactic et Blue Origin. Cette fois, il s'agit d'aller voler plus loin que la Station spatiale internationale. Rien que ça.

Un équipage de novices (pour la première fois)

Cette mission spatiale a une particularité, et non des moindres. Elle est la première à n'envoyer en orbite autour de la Terre que des complets novices, sans astronaute professionnel à bord. La société d'Elon Musk a déjà transporté pas moins de dix astronautes vers l'ISS pour le compte de la Nasa. Mais ils seront les premiers passagers privés à monter dans la capsule Dragon, lancée par la fusée Falcon 9.

Cette mission 100% touristique a été affrétée par le milliardaire Jared Isaacman, à ses frais. Cet Américain de 38 ans, patron d'une entreprise de services financiers, est également un pilote aguerri. Mais lui n'a pas fondé l'entreprise lui permettant de faire le voyage. Il en loue simplement les services, pour un prix qui n'a pas été dévoilé, mais qui se compte en dizaines de millions de dollars.

Outre Jared Isaacman, commandant à bord, trois anonymes seront du voyage, sélectionnés via un processus original qui a débuté par une publicité projetée durant la mi-temps du Super Bowl. Chaque siège est censé incarner une valeur. Hayley Arceneaux, rescapée d'un cancer pédiatrique, représente "l'espoir". La jeune femme de 29 ans a été sélectionnée car elle travaille en tant qu'assistante médicale dans l'hôpital pédiatrique de St Jude, à Memphis, dans le Tennessee.

Chris Sembroski, 42 ans, a obtenu le siège de la "générosité". Il s'agit d'un ancien de l'armée de l'Air américaine qui travaille désormais dans l'industrie aéronautique. Enfin, le dernier siège représente la "prospérité", et a été offert à Sian Proctor, une professeure de sciences de la Terre de 51 ans qui a failli, en 2009, devenir astronaute pour la Nasa.

Un entraînement de plusieurs mois

Les bas de contention ne suffiront pas pour cette mission. L'équipage s'est entraîné longuement avant de pouvoir s'envoler dans l'espace. Ses quatre membres ont expérimenté la force g à laquelle ils seront exposés grâce à une centrifugeuse, un bras de plusieurs mètres en rotation rapide. A bord de vols paraboliques, ils ont déjà pu goûter à une sensation d'apesanteur. Ils ont aussi effectué un trek dans la neige en haute altitude sur le mont Rainier, dans le nord-ouest des Etats-Unis.

Enfin, les futurs passagers ont passé du temps dans les locaux de SpaceX, même si le vol devrait normalement rester entièrement automatisé. Durant les trois jours en orbite, leur sommeil, leur rythme cardiaque, leur sang ou encore leurs capacités cognitives seront analysés. Des tests seront effectués avant et après le vol, pour étudier l'effet du voyage sur leur corps.

Une série Netflix pour suivre l'aventure

Les passagers n'ont pas prévu d'album photo pour se souvenir de cette escapade de trois jours, mais carrément une série Netflix. Quatre épisodes de cette série intitulée Compte à rebours : quatre touristes dans l'espace ont déjà été mis en ligne sur la plateforme. Un cinquième et dernier épisode est prévu au retour de la mission, si tout se passe bien.

"Le risque n'est pas de zéro", reconnaît Jared Isaacman dans l'un des épisodes du documentaire diffusé par Netflix sur la mission : "Vous voyagez dans un vaisseau à 28 000 km/h autour du globe. Ce genre d'environnement est associé à un certain risque."

Le début d'un tourisme spatial à plus grande échelle

La mission Inspiration4 doit conclure un été marqué par l'envol de milliardaires au-dessus de l'ultime frontière : d'abord Richard Branson le 11 juillet, à bord du vaisseau de Virgin Galactic, puis quelques jours plus tard Jeff Bezos, avec sa société Blue Origin. Mais cette nouvelle mission doit surtout préparer le futur du tourisme spatial. L'idée est d'accumuler des données pour les futurs passagers privés et d'ouvrir les portes de l'espace à un plus grand nombre de touristes très fortunés. Et ce malgré les critiques qui entourent le développement de ces voyages vers l'espace, dont le coût pour la planète Terre est astronomique : comme le précise The Conversation, un seul voyage en orbite d'un touriste de l'espace émet autant de CO2 qu'un automobiliste pendant 160 ans...

Plusieurs projets de missions touristiques sont déjà en cours. En janvier 2022, trois hommes d'affaires se rendront dans l'ISS aux côtés d'un astronaute expérimenté. SpaceX prévoit également un autre voyage en orbite pour quatre clients privés, organisé par la société intermédiaire Space Adventures. Enfin, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa doit aussi faire un voyage autour de la Lune, a priori en 2023, cette fois à bord de la fusée Starship, encore en cours de développement par SpaceX. 

Du côté de Virgin Galactic, le début des opérations commerciales régulières est prévu en 2022. La Russie enverra de son côté une actrice et un réalisateur vers l'ISS, à bord d'une fusée Soyouz. Le but : tourner le premier film de fiction en orbite et en apesanteur.

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