Affaire Epstein : les enquêteurs seraient "ravis" que le prince Andrew "vienne parler"

C'est ce qu'a déclaré la procureure fédérale de Manhattan, lors d'une conférence de presse, jeudi, évoquant par ailleurs l'arrestation de Ghislaine Maxwell, l'ex-collaboratrice du financier new-yorkais Jeffrey Epstein.

La procureure fédérale Audrey Strauss annonce l\'arrestation de Ghislaine Maxwell, le 2 juillet 2020, lors d\'une conférence de presse à New York (Etats-Unis).
La procureure fédérale Audrey Strauss annonce l'arrestation de Ghislaine Maxwell, le 2 juillet 2020, lors d'une conférence de presse à New York (Etats-Unis). (JOHANNES EISELE / AFP)

Dans une enquête réalisée par le New York Times, elle était décrite comme la rabatteuse et la confidente de Jeffrey Epstein : Ghislaine Maxwell a été arrêtée aux Etats-Unis et inculpée de trafic de mineures, jeudi 2 juillet, près d'un an après le suicide en prison du financier new-yorkais. Une interpellation "sans incident" dans la ville de Bradford, dans le New Hampshire, selon un porte-parole du FBI de Boston. La fille de l'ex-magnat britannique Robert Maxwell, qui a un temps été la petite amie de Jeffrey Epstein, devait être présentée à un juge fédéral dans la journée. 

Selon l'acte d'accusation, Ghislaine Maxwell sera inculpée formellement de six chefs, notamment d'incitation à des actes sexuels illégaux et d'avoir "aidé, facilité et contribué aux agressions sur mineures de Jeffrey Epstein", de 1994 à 1997. Agée aujourd'hui de 58 ans, elle est aussi accusée d'"avoir menti de façon répétée" lors d'un témoignage sous serment dans le cadre d'un procès au civil en 2016, ce qui lui vaut deux chefs d'inculpation pour faux témoignage.

Le prince sommé de s'expliquer depuis des mois

Les enquêteurs, qui avaient promis de traquer tous les éventuels complices de Jeffrey Epstein, s'étaient notamment concentrés sur le prince Andrew, deuxième fils de la reine Elizabeth II, l'accusant de "faire semblant" de vouloir coopérer avec eux, a indiqué jeudi la procureure fédérale de Manhattan. "Nous serions ravis que le prince Andrew vienne nous parler, nous aimerions pouvoir profiter de ses déclarations", a déclaré la procureure Audrey Strauss.

Le prince Andrew est sommé depuis des mois de s'expliquer sur ce qu'il savait des activités de Jeffrey Epstein. Une affaire qui empoisonne la couronne britannique. Dans des documents judiciaires publiés en août 2019, une femme, Virginia Roberts, affirme avoir été contrainte par Jeffrey Epstein d'avoir des relations sexuelles avec le prince lorsqu'elle avait 17 ans.

Le prince Andrew a toujours démenti ces accusations, mais la publication d'une photo, montrant Virginia Roberts à cette époque enlacée par ce membre de la famille royale, a alimenté toutes les spéculations, tout comme un cliché montrant le prince en train de se promener à New York avec Jeffrey Epstein alors même que ce dernier avait déjà été condamné et emprisonné pour prostitution en 2008.