Un recruteur présumé de djihadistes français arrêté et reconduit en France

Un Franco-Marocain de 29 ans, soupçonné d’avoir été l’un des principaux recruteurs de djihadistes français en Syrie, a été arrêté en août dans la Turquie voisine. Il a été reconduit en France la nuit dernière. Il doit être présenté à un juge jeudi.

(Le recruteur présumé aurait d'abord rejoint les rangs de l'Etat islamique avant de rallier un groupe concurrent, Jabhat Al-Nostra © REUTERS/Stringer)

Arrêté en août en Turquie, le recruteur présumé a été reconduit en France dans la nuit de mercredi à jeudi. Il doit être présenté à un juge du pôle anti-terroriste jeudi dans l'après-midi, a précisé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Agé de 29 ans et originaire de Haute-Savoie, Mourad Fares était en Syrie depuis juillet 2013. ll aurait d’abord rejoint les rangs de l’Etat islamique avant de rallier un groupe concurrent, Jabhat Al-Nostra. Son rôle "serait déterminant dans le recrutement de jeunes français, à Toulouse et à Strasbourg, et leur départ en Syrie", a ajouté Bernard Cazeneuve dans un communiqué.

"Un aller direct vers la mort"

En commentant l'arrestation de Mourad Fares, le ministre de l'Intérieur a dit son intention de continuer "inlassablement" la lutte contre les filières djihadistes.

"Ce travail doit se poursuivre, inlassablement, dans la lutte contre ces filières organisées du crime, contre ces filières terroristes qui conduisent un certain nombre de nos ressortissants, parfois très jeunes, à prendre un aller direct vers la mort." 

 

"Ce recrutement s'effectuait par internet" (Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur)
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Tous les djihadistes dont on parle dans les journaux sont passés par moi ”, aurait expliqué le recruteur présumé dans une interview diffusée en février dernier sur le site du magazine Vice et qui lui est attribuable, selon RTL.

A la mi-août, 350 Français combattaient en Syrie ou en Irak, selon Sébastien Pietrasanta, député socialiste et rapporteur d’un projet de loi contre le terrorisme qui sera débattu au Parlement à partir de lundi. D'après lui, le nombre de Français impliqués a augmenté de 50% en six mois.