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Turquie: le régime s'empare de deux télévisions de l'opposition

A quatre jours des élections législatives anticipées, la police turque a fait irruption dans les locaux de Bugün TV et Kanaltürk, deux télévisions appartenant au groupe de médias Koza-Ipek. La maison-mère des deux chaînes a la réputation d'être proche de l'imam Fethullah Gülen, devenu l'ennemi public numéro 1 du président Erdogan mêlé à un scandale de corruption depuis 2013.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La holding Koza-Ipek est réputée proche de l'imam Fethullah Gülen, devenu «l'ennemi public numéro 1» du chef de l'Etat. (OZGE ELIF KIZIL / ANADOLU AGENCY)
La prise d'assaut au petit matin, à Istanbul, du siège de Bugün TV et Kanaltürk, a été filmée et diffusée en direct sur le site internet de BugünTV. «Quel est votre titre? Ici, c'est ma chaîne», a lancéTarik Toros, l'un des rédacteurs en chef, aux policiers qui escortaient l'un des nouveaux administrateurs venu prendre le contrôle de la régie des deux chaînes.


La télévision privée NTV a fait état de plusieurs arrestations suite à des affrontements qui ont éclaté devant le bâtiment entre forces de l'ordre et manifestants, dont des députés de l'opposition. La prise de contrôle manu militari a suscité des réactions sur Twitter avec la publication de photos de cartes de presse ensanglantées.


La mise sous tutelle judiciaire de Koza-Ipek prononcée deux jours plus tôt, le 26 octobre 2015, fait suit à celle de Bank Asya, le 10e réseau bancaire du pays également proche de Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis. C'est de là que cet ex-allié du président turc dirige un influent réseau d'ONG, de médias et d'entreprises qualifié par les autorités turques d'«organisation terroriste».

Les capitales occidentales inquiètes
«Très inquiet de la mise sous tutelle de Koza-Ipek juste avant les élections du 1er novembre en Turquie», a twitté le président du Parlement européen, Martin Schulz.


A Istanbul, le quotidien Hürriyet a été récemment la cible, à deux reprises, d'attaques de manifestants soutenant le chef de l'Etat. Après avoir été menacé d'être «écrasé comme un insecte» par un journaliste du quotidien Star, proche du régime, l'un de ses chroniqueurs vedettes, Ahmet Hakan, a été agressé devant son domicile.

Critiqué sur sa dérive autoritaire vis-à-vis des médias à l'approche du scrutin législatif du 1er novembre 2015, le président turc se défend de vouloir museler les médias et assure que la presse de son pays est «la plus libre du monde». Mais, au dernier classement mondial de la liberté de la presse, Reporters sans frontières a placé la Turquie à la 149e place sur 180, derrière la Birmanie (144e) et juste devant la Russie (152e).

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