"Je n’oublierai jamais ce qu’ils ont fait à ma fille" : à Kobané, la colère des parents de Barin, 23 ans, symbole de la tragédie kurde

L'envoyé spécial de franceinfo au Kurdistan syrien a retrouvé à Kobané les parents de Barîn. Les images de son corps mutilé avaient soulevé l'indignation des combattants kurdes.

La mère (à droite) de Barin (sur la photo), à Afrine, le 3 février 2018, aux côtés de sa soeur (au centre) et son frère (à droite).
La mère (à droite) de Barin (sur la photo), à Afrine, le 3 février 2018, aux côtés de sa soeur (au centre) et son frère (à droite). (DELIL SOULEIMAN / AFP)

Son nom de combattante était Barîn Kobanê. La jeune kurde de 23 ans, tuée par des rebelles alliés aux forces turques à Afrine, en Syrie, au début de l'offensive turque, fin janvier, est devenue un symbole de la tragédie kurde.

Son portrait s’affiche en grand dans les rues de Kobané, dans le nord syrien : c’est ce sourire que les parents de Barin voudraient que l'on retienne et non les images insoutenables de son corps ensanglanté et mutilé, tournées par un combattant rebelle, supplétif de l’armée turque, et diffusées sur les réseaux sociaux. "Erdogan a recruté tous les jihadistes de la région et les a envoyés à Afrine pour nous faire la guerre, affirme Mustafa, le père de Barin. Ce sont des monstres sans aucune morale ni humanité. Quand j’ai vu la vidéo, j’ai tout de suite pensé aux jihadistes : même look, mêmes cheveux longs, même vocabulaire. Aucune différence avec Daech !"

"J’étais préparée à sa mort mais pas comme ça"

Ces images, enregistrées avec un téléphone portable, ont provoqué colère et indignation au sein de la communauté kurde qui a rendu à la jeune Barin un hommage retentissant. Sa mémoire a été saluée partout dans le Kurdistan. "Barin était courageuse, gentille, ses amis l’adoraient, se souvient Zara, la mère de Barin. Elle était au service du peuple kurde et était prête à mourir pour cette cause. Elle avait participé à la bataille de Kobané contre Daech et voulait chasser les forces turques d’Afrine. Je n’oublierai jamais ce qu’ils ont fait à ma fille : j’étais préparée à sa mort mais pas comme ça." Martyrisée, Barin est devenue une énième icône de la résistance kurde.

A Kobané, la colère des parents de Barin, 23 ans, symbole de la tragédie kurde - reportage d'Omar Ouahmane
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