Erdoğan à Paris : plusieurs années d'arrestations, de purges et de répression en Turquie

Le président Recep Tayyip Erdoğan, dirigeant de la Turquie, a été accueilli a Elysée par Emmanuel Macron. Retour sur la politique de répression et les vastes purges d'un dirigeant controversé.

BASSE Paul

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a été reçu le vendredi 5 janvier à l'Élysée par Emmanuel Macron. Sa visite a créé la polémique : le dirigeant est accusé de dérives autoritaires en Turquie. Lors de son élection en 2002, Erdoğan faisait déjà douter la communauté internationale. Les réactions américaines et européennes sont prudentes à l'époque quant au rattachement de la Turquie à l'Union européenne. De 2002 a 2012, la Turquie a eu la meilleure croissance des pays de l'OCDE.

Purges et répression

Mais au début des années 2010, le pouvoir Erdoğan bascule dans la répression. Le dirigeant réprime fortement les manifestants de la place Taksim qui protestent en 2014 contre des projets de constructions pharaoniques. Le putsch raté de 2016 durcit un peu plus les positions d'Erdoğan, la presse et les opposants sont visés par des arrestations : 150 000 personnes ont déjà été suspendues ou arrêtées, accusées de collaboration avec une entreprise terroriste. Les cibles principales sont les membres, même éloignés, de la confrérie de l'imam Fethullah Gülen, accusé d'être l'instigateur du coup d'État. Erdoğan souhaite rester au pouvoir jusqu'en 2023 et a pour objectif de passer à la postérité comme Mustafa Atatürk, fondateur de la Turquie.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d\'une conférence de presse avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 7 décembre 2017 à Athènes (Grèce). 
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 7 décembre 2017 à Athènes (Grèce).  (MEHMET ALI OZCAN / ANADOLU AGENCY / AFP)