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Cambodge: les écoles gülénistes sous le coup d’une fermeture voulue par Ankara

Les Zaman International Scool du Cambodge, liées à Fethulla Gülen, accueillent plus de 2.000 élèves, de la maternelle à l'Université. Ces établissements éducatifs privés, fondés en 1997, représentent une importante source de revenu pour le mouvement Hizmet de Fethulla Gülen. Ce dernier est accusé par Ankara d’être à l’origine du coup d’Etat avorté le 15 juillet 2016.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
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Un pro-Erdogan piétine une affiche du prédicateur Güllen, exilé aux Etats-Unis, lors d'un rassemblement sur la place Taskim, à Istanbul, le 18 juillet 2016. 

Le prédicateur islamique Fethulla Gülen est plus que jamais l’ennemi juré d’Erdogan. «Nous savons que Fethullah Gülen est derrière la tentative de coup d'Etat et nous savons que les écoles Zaman lui sont affiliées», a expliqué, le 20 juillet 2016, un fonctionnaire de l'ambassade de Turquie au Cambodge. «Voilà pourquoi notre gouvernement prévoit de faire fermer ces écoles», a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat.

Si comme l’a affirmé le ministère cambodgien des Affaires étrangères, la fermeture de ces écoles n’a fait l’objet d’aucune demande formelle, une vidéo postée, le 18 juillet, sur la page de Facebook de l'ambassade de Turquie, entend démontrer le contraire. Dans ce document, l’ambassadeur, Ilhan Kemal Tug, affirme avoir été «en contact étroit avec le gouvernement cambodgien concernant les écoles Zaman au Cambodge, et nous leur avons demandé de cesser tous types de soutien».

Cette demande s’inscrit dans une vaste opération de reprise en main par le pouvoir turc, lancée après le putsch avorté du 15 juillet. Depuis, les autorités turques ont demandé la démission de plus de 1.500 doyens d'université et suspendu 15.200 employés du ministère de l'Education soupçonnés d'être liés à Fethullah Gülen.

«L’école avant la mosquée»
Le mouvement d’inspiration soufie, fondé dans les années 1970 par Gülen, donne la priorité à l’éducation, avec un crédo: «L’école avant la mosquée». En 2014, des estimations évaluaient à 2.000 ces établissements éducatifs, essentiellement des lycées de très bon niveau, implantés dans 140 pays. Particulièrement bien implantée aux Etats-Unis, en Afrique ou en Asie centrale, la confrérie Gülen profite réseau tentaculaire dans le système éducatif qui sert sa stratégie. Une nouvelle élite turcophile émèrge de ces établissements loués pour leur rigueur morale et la qualité de leur enseignement.

En France, une de ses écoles, créée en 2009, à Villeneuve-Saint-Georges, en banlieue parisienne, avait revendiqué sa laïcité en affirmant imposer l'uniforme, mais pas le port du foulard, rapportait en 2014 France 24, sur son site internet. Celui-ci précisait que les frais d'entrée s'élevaient alors à 3.700 euros annuels en primaire, 4.700 euros au collège et 5.200 euros au lycée.

Une réputation d'excellence
Mais en septembre 2015, le parlement turc avait adopté une loi vidant à fermer ce réseau d’écoles privées, gérées par le mouvement Hizmet (Le Service) de Fethullah Gülen. Ce qui avait fait éclater au grand jour la polémique entre Recep Tayyip Erdogan et le penseur mystique, de tradition soufie, exilé aux Etats-Unis. Le président turc, avait alors jugé «illégal» et «injuste» ce système scolaire dont bénéficient, selon lui, «les enfants de familles riches des grandes villes».

Ces écoles qui, au fil des années, se sont forgées une réputation d'excellence, ont été fondées par un ancien journaliste du quotidien national Zaman (Le Temps), média national proche du mouvement Gülen et placé, depuis mars 2016, sous la tutelle de l'Etat turc. 

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